‹ Etudes et appreciations. -- (volume 5)Chapitre 74 sur 137 · LA LOTION DU DROIT · texte numérisé non relu

LA LOTION DU DROIT

Nous assistons depuis quelque temps au spectacle tragique et aux péripéties douloureuses d’un duel qui, sans être le lot exclusif et la honte impartagée de notre siècle, n’en accuse pas moins dans certains milieux un profond abaissement moral et une réelle décadence sociale.

Deux puissances faites pour s’entendre et s’harmoniser entre elles comme l’âme et le corps, et appelées à coopérer au même effort civilisateur, sont aux prises : le droit et la force. Et telle est la perturbation produite dans les esprits, et l’étrange fortune des vocables due à cette confusion malheureuse, que des écrivains et des magistrats, des chefs d’Etat et des chefs d’armée ne parlent plus, ne savent plus parler de la force supérieure du droit, mais affirment et proclament le droit inné et irrésistible de la force. L’inintelligence d’un mot de cinq lettres scinde l’Europe en deux coalitions rivales et en deux organisations nettement opposées et génératrices de luttes

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