Cf. Alfred Fouillée, L’idée moderne du droit
2. Voir à ce sujet G. Bazin, L’Allemagne catholique au XIXe siècle : Winthorst, ses alliés et ses adversaires.
MELANGES CANADIENS
ancienne. César1 parle des Germains comme d’une race formée de bonne heure, par une austère discipline, aux exercices les plus durs et aux habitudes les plus sanguinaires. Ozanam2 a dit d’eux :
Leurs lois indiquaient une nation violente, adonnée exclusivement à la guerre, rapace, avide de butin, étrangère à tout respect pour le bien d’autrui, exempte de sens moral et surtout de générosité, réduisant la femme à la condition d’esclave, admettant le meurtre des vieillards, le parricide, réservant aux forts la guerre et les bénéfices du pillage, aux faibles le travail et la servitude.
Le christianisme tempéra ces mœurs barbares par l’influence de ses doctrines et par la vertu de ses sacrements. On est même allé jusqu’à lui reprocher d’avoir amolli chez ces hommes, par les eaux du baptême, la vigueur native de la race3. Ce blâme, certes, constitue un éloge. En Germanie comme ailleurs, l’action chrétienne opéra des prodiges de grâce, pliant au joug de la foi, de l’humilité, du renoncement, des âmes jalouses jusquelà de leur force altière et de leur fierté cruelle. Ph Toutefois, plusieurs faits démontrent que même après cette époque, et malgré cette influence, l’instinct germanique gardait encore de ses plus farouches énergies. D’après l’aveu impartial