Id., ibid
MELANGES CANADIENS
divinité s’affirme.' Si l’historien Mommsen s’extasie devant les vertus robustes des anciens Romains et devant le génie militaire de César, c’est surtout, peut-on dire, parce qu’il voit dans ces triomphes passés de la force le symbole de conquêtes à venir.
L’histoire romaine de Mommsen, dit un auteur1, eut une influence immense sur l’esprit de la nation. Dans ces annales guerrières, le peuple allemand crut reconnaître sa propre destinée, et dès lors il se proposa pour objet unique de son ambition l’hégémonie militaire.
Cet objectif ressort" clairement des paroles suivantes de Nietzche2 :
Le maintien de l’état militaire est le dernier moyen qui nous soit laissé, soit pour la sauvegarde des grandes traditions, soit pour l’institution du type supérieur de l’homme, du type fort.
Et c’est pourquoi l’on a pu dire de cet écrivain, et on pourrait sans doute le répéter de plusieurs autres de la même école, “ que ses phrases sont bourrées comme des obus par les pires explosifs de la pensée allemande3 Et c’est pourquoi encore, faisant de cette pensée le programme de son action, M. de Bismark, dès 1862, déclarait
1. Lefaivre, ouv. cit., pp. 191-192. — Cf. Revue des deux Mondes (15 oct. 1915) : Mommsen et la mentalité allemande.