Saint Thomas, ibid., q. xix, art
Bible nous ont transmis de très graves et de très nombreuses prescriptions de ce genre. Plus grave toutefois, plus impérieuse, et plus digne, s’il est possible, de la vénération des peuples, est la loi éternelle, en laquelle toute loi humaine prend sa source1, et de laquelle découlent comme d’un principe général tous les droits et tous les devoirs.
Nous avons là les fondements véritables du droit.
Dans la philosophie chrétienne, le droit et le devoir sont des corrélatifs nés au même moment, du même rayonnement de la raison divine et de l’idéal divin sur les êtres créés, et qui, par la vertu de cette suprême influence, gouvernent et coordonnent tous les rapports sociaux. Ce n’est donc ni la force, ni l’intérêt, ni la loi créée par l’intérêt et basée sur la force, cpii font le droit et imposent le devoir. Devoir et droit appartiennent à l’ordre moral, c’est-à-dire à l’ordre fondé sur ce que la raison prescrit, sur le vrai et sur le bien, sur l’intelligence du vrai et sur la liberté du bien. Il faut s’élever jusqu’à ces hauteurs. Et c’est en s’y plaçant qu’un éminentissime archevêque pouvait dire dans un document désormais célèbre2 :
1 . Louis Veuillot a écrit : “Je défie tout législateur qui ne parlera
pas au nom de Dieu de m’apprendre à respecter l’honneur, ni la loi, ni moi-même, ni surtout le législateur. ” (L. Veuillot par
Eug. Veuillot, cont. par F. Veuillot, t. iv, 2e éd., p. 584).