S. Thomas, Som. théoL, ii-ii. q. lxxx, art. un
La thèse soutenue en ces termes paraît inattaquable.
Au moins, ne peut-on pas dire que l'intérêt général, dont les pouvoirs civils sont chargés, leur donne le droit et même leur dicte le devoir d'imposer aux employeurs, en faveur de leurs employés, le partage de l'autorité et la participation aux bénéfices ?
Voilà, croyons-nous, une doctrine plus facile à émettre qu'à prouver.
Quel avantage la société, dans son ensemble, peut-elle retirer de l'atteinte profonde, que Ton projette, aux droits de la classe patronale, d'une catégorie de citoyens active, industrieuse, entreprenante, capable sans doute de fautes et même d'injustices, mais qui contribue partout, et très efficacement, à la prospérité commune ? Le système de l'association, de la participation ouvrière imposée par l'Etat, n'aurait-il pas fatalement pour effet d'entraver l'initiative industrielle, de gêner l'essor des entreprises placées obligatoirement sous contrôle, de couper les ailes aux plus légitimes ambitions ? Que de vocations d'hommes d'affaires, soucieux de se créer à eux-mêmes et à leur famille, par leurs talents, un riche avenir, seraient étouffées dans leur principe même !
La production souffrirait.
Les patrons, écrit M. Geo. Valois ^ sont des travail-