Discours, t. m, pp. G
donné le même résultat. . . Pour que des sociétés de production réusissent, il faut des conditions exceptionnelles, très difficiles à réunir, une abnégation très rare chez les associés, un choix d'hommes d'élite. ^
Quelles que soient, du reste, les chances de succès des coopératives ouvrières de production, ^ ce système n'élimine pas le salariat. Certains travaux temporaires, certaines nécessités techniques, forcent les associés à prendre des auxiliaires, lesquels ne sont que de vrais salariés, dont le nombre, plus d'une fois, s'est singulièrement accru. ^
On a beau réagir contre les inégalités naturelles de la société : la nature, par une loi profonde, ne tarde pas à reprendre l'assiette hiérarchique vers laquelle tout l'incline.
L'association industrielle qui fait l'objet direct de cette étude, consiste dans une modification du régime patronal actuel, en vertu de laquelle les ouvriers, outre leur salaire, sont admis à prendre une part dans les bénéfices de l'industrie, ou même à participer au contrôle et à la gestion des entreprises.
1. Ces conditions se rencontrent plus aisément dans les ordres religieux.
2. Cf. Hobert-Valleroux, La Coopération^ pp. 25-30 (1904) ; Antoine, Cours d'Economie sociale, ch. xiv, art. 6.