L^ ASSISTANCE PUBLIQUE
par le Concile de Trente, qui ne fait que confirmer les prescriptions antérieures. Les gouvernements ont battu en brèche cette juridiction tutélaire, et nousmêmes n'avons-nous pas parfois négligé d'obéir aux Canons ? L'histoire et les grandes vues de la foi nous indiquent la marche à suivre pour réparer le mal accompli. Que les œuvres catholiques, laïques ou congréganistes, restituent au premier pasteur la place qu'il doit occuper ! ^
Dans ce langage courageux retentit toute la pensée chrétienne, toute la tradition catholique.
On a tout dit sur l'efficacité morale de la charité faite au nom de Dieu et de la conscience. Sous la main généreuse qui donne, le pauvre sent Tâme compatissante qui se donne. Pour ceux qui souffrent, des paroles édifiantes, des sympathies sincères et dictées par la foi, valent encore mieux que les secours d'argent qu'elles escortent.^ L'aumône que verse le cœur jouit d'une fécondité à laquelle n'atteindront jamais les froids calculs et les rigides contributions de la bureaucratie.
Et, dans l'ordre matériel lui-même, comment ne pas reconnaître les prodiges d'industrie et d'économie que peut enfanter la charité libre, inspirée et soutenue par l'idée religieuse ? Il faut vraiment être aveugle, sceptique ou sectaire, pour ne pas s'en rendre compte. Là oii le dévouement dirige les œuvres, tout est soigneusement
1, Questions actuelles, t. xv, p. 87.