Id., ibid., p
de suppléance vis-à-vis des œuvres charitables, ne saurait, sans outrepasser ses droits, sortir de certaines bornes fixées par la philosophie sociale.^ La tâche, qui lui est propre, et qu'on lui reconnaît, est assez noble pour répondre aux plus légitimes ambitions. Et elle semble pouvoir se condenser dans cette formule qui n'est que le corollaire de ce bref exposé de principes : favoriser l'assistance privée, et, au besoin, la compléter, sans la gêner.
1. " Pour nous, chrétiens, dit Mgr d'Hulst (Conf. de Notre- Dame, 1894, pp. 435-36), l'assistance publique trouve sa place comme subsidiaire de la justice et de la charité privées. La tendance socialiste est de mettre toutes les misères, toutes les infirmités, qu'elles résultent de la maladie ou des accidents, de l'âge ou du chômage, à la charge de la collectivité. L'effet éloigné d'un tel système serait de ruiner la collectivité : car jamais le travail des hommes valides, surtout dépourvus du stimulant qu'y ajoute l'espoir de conquérir l'aisance ou la richesse individuelle, ne pourrait suffire à de telles dépenses. Mais un effet plus immédiat serait de tarir dans le cœur de chacun, même dans le cœur des fils à l'égard de leurs parents, les sources du dévouement. Pourquoi se priver pour quelques-uns, quand tous sont chargés de pourvoir aux besoins de tous ? "
ANGOISSES ET SYMPATHIES DE BENOIT XV i
Dans son apostolique souci de justice et de paix, îe Pape embrasse du regard rhuinanité entière.
Ses yeux, chargés de l'anxiété la plus vive, sont encore humides des larmes de sang que la guerre mondiale lui a fait verser. Le spectacle de cet horrible conflit d'armes et de haines, est entré dans les dernières profondeurs de son âme. Il y a laissé un sentiment d'indéfinissable tristesse que ravive chaque jour la vue des misères sans nombre, des luttes et des animosités de toutes sortes, nées surtout de la prolongation des hostilités entre les peuples les plus puissants de la terre, et qui justifient hautement l'attitude pacificatrice prise dès le début par le Chef de l'Eglise.
Nous avons déjà eu l'occasion d'analyser plusieurs actes et documents où éclate l'immense douleur du Saint Père. D'autres ont suivi, pleins de la même angoisse et des mêmes augustes préoccupations. ^
Notons spécialement l'appel de Sa Sainteté en faveur de l'Autriche, cette noble et glorieuse nation qui, au cours des âges, a si magnijiqueinent collaboré à la défense