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Tractatus de prima hominis formatione, p

2. " Il convient que l'homme, chef de la famille, s'occupe des relations extérieures de sa maison et des affaires publiques qui l'intéressent, tandis que les fonctions assignées par la nature à la femme s'accomplissent plutôt à l'intérieur" (Meyer, S.J., Inst. jur. nat., p. ii, n. 126). " Vous voulez donner à la femme une éducation égale à celle de l'homme, pour la rendre apte à toutes les fonctions publiques qui sont aujourd'hui l'apanage exclusif de celui-ci. Mais vous ne songez point sans doute qu'il faudrait émanciper la femme du joug de son organisation, ce qui n'est pas en votre pouvoir'^ (Dr M ayer, cité par A.-E., Disp. physiolrtheol, 1884, p. 19).

Lg Père Lépicier va au-devant d'une objection bien connue qu'il résout sans peine : '* On nous oppose, dit-il, le fait de plusieurs femmes qui, dans le cours des âges, ont présidé avec sagesse au gouvernement de leur pays. Il n'y a pas là de quoi ébranler notre conviction. Le fait ici allégué ne s'est produit que rarement, et comme par accident, dans certaines circonstances spéciales où, pour perpétuer une dynastie privée de descendants mâles, et afin de prévenir des dissensions et des menées séditieuses, une femme de même sang était appelée à remplacer le roi défunt. " ^

Ce témoignage judicieux et mesuré de l'un des principaux représentants de la science théologique contemporaine, n'est pas infirmé, il s'en faut bien, par le discours que prononçait, le 21 octobre 1919, le Pape Benoît XV devant l'Union catholique des femmes d'Italie réunies à Rome pour leur premier Congrès.

Quelques avocats du suffrage féminin ont cru voir dans cette allocution une orientation imprimée par le Saint-Siège aux femmes de l'âge moderne vers l'exercice du droit de vote politique. Jusqu'à preuve du contraire, nous osons prétendre qu'ils se font illusion.

Citons le texte même des paroles du Saint-Père :

Uévolution qui a amené Vétat de choses actuel a pu conférer à la femme des charges et des droits qu^on ne lui reconnaissait pas jadis. Mais nul changement dans Vopinion des hommes, aucun état de choses nouveau ni

1. Dans une note qui accompagne les remarques du R. P. LÉPICIER contre le rôle politique des femmes, l'auteur mentionne l'ouvrage du P. Serti llanges intitulé Féminisme et Christianisme, et il y relève certains avancés qu'il juge repréhensibles, entre autres celui-ci, savoir que, si jusqu'à notre époque les hommes seuls ont gouverné la société humaine, cela est dû à l'imperfection de l'évolution sociale.

le cours des événements ne sauraient jamais arracher la femme consciente de sa mission à cette sphère naturelle qu'est pour elle la famille. C'est elle qui est la reine du foyer domestique ; même quand elle s'en trouve éloignée, c'est à ce foyer que doivent se concentrer non seulement l'affection de son cœur de mèrCj mais encore tous ses soucis de sage maîtresse de maison, de même qu'un souverain qui se trouve hors de son royaume, loin de négliger le bien de ses sujets, le met toujours au premier rang de ses pensées et de ses préoccupations. — On a raison de dire que les transformations de l'ordre social ont élargi le champ de l'activité féminine ; l'apostolat au milieu du monde s'est ajouté pour la femme à l'action plus intime et plus restreinte réservée jusqu'ici au foyer domestique. Mais cet apostolat extérieur, il faut qu'elle l'exerce de manière à bien montrer que la femme, au dehors aussi bien que chez elle, se souvient qu'elle doit, même de nos jours, con- - sacrer le meilleur de ses soins à sa famille. t Ce qui frappe avant tout dans ce passage, c'est le j souci du Pape de rappeler à la femme que sa '' sphère l — naturelle ", c'est la famille. Le Pontife insiste sur cette idée qu'il formule à plusieurs reprises et de la façon la plus expressive.

Sans doute, les conditions nouvelles de la société *'ont élargi le champ de l'activité féminine" et fait conférer à la femme '' de nouveaux droits avec de nouvelles charges ". Mais Benoît XV ne dit pas que cette activité agrandie devra s'exercer sous une forme politique. Du suffrage politique féminin, le Pape ne souffle mot. 1

1. Dans une audience accordée à une dame anglaise, le Saint- Père, affirme-t-on, aurait exprimé le désir de voir les femmes catholiques voter. Si ce propos est exact, il doit, selon nous, s'appliquer à V hypothèse du droit légal de suffrage existant déjà, pour la femme, en certains pays, hypothèse où le vote des femmes catholiques peut être jugé utile par les cheifs de l'Eglise pour contrebalancer l'influence d'un vote féminin dangereux.

Pour lui, la mission sociale de la femme est un apostolat. Le mot '' apostolat " est prononcé trois fois dans ce discours. Et cela signifie que, dans notre société, où les besoins de toute sorte se sont accrus, la femme chrétienne qui aime Dieu et les âmes, a un rôle extrêmement bienfaisant à remplir, et que ce rôle social, elle doit s'en acquitter comme d'une sorte de ministère sacré. Actes courageux d'édification, œuvres de charité, œuvres de moralisation, œuvres d'éducation de la jeunesse : voilà où peut se dépenser, très utilement, le zèle extérieur de la femme.

Chez les peuples affligés ou même simplement menacés de l'école neutre et du mariage civil, une action concentrée et vigoureuse des catholiques contre ce régime s'impose. Les femmes sont invitées à faire leur part dans cette entreprise de salut. Et elles peuvent en général accomplir la tâche qu'on attend d'elles, une tâche soutenue et efficace, par les moyens qui leur sont propres, sans se mesurer avec les hommes dans l'arène électorale ou parlementaire.! Surtout, fait observer Benoît XV,* qu'elles se pénètrent bien de la nécessité de demander d

1. Dans une lettre à la Présidente de la lâgue des femmes espagnoles, l'Eminentissime cardinal Gasparri, considérant le danger pour l'Espagne de tomber sous la domination des sectes, aurait dit qu'"il est du devoir de tous ceux qui ont à cœur le bien du peuple d'entrer dans l'arène politique. " Cela signifie sans doute que dans les pays (et il y en a) dont les femmes, au point de vue religieux, valent beaucoup mieux que les hommes, même les femmes doivent s'occuper de questions politiques où les intérêts religieux et sociaux les plus graves sont en jeu. Elles peuvent et doivent s'en occuper, nous l'avons dit, par les moyens qui leur sont propres. L'Eminentissime Secrétaire d'Etat compte-t-il parmi ces moyens le suffrage ? Peut-être. Mais alors cette direction suppose un état social particulier et anormal sur lequel il ne convient pas de baser une solution de principe.

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