Ihid. ch
L^ENSEIGNEMENT DE S. T. d'aQUIN 55
ment que le premier mode est le meilleur. Se suffire à soi-même est un avantage ; devoir compter sur autrui accuse une imperfection. Une ville qui s'alimente dans le pays où elle est construite, qui puise dans son propre territoire ses éléments de force et de richesse, l'emporte sur celles que le commerce rend tributaires. Cette supériorité contribue à la sûreté commune ; parce que les guerres, et les difficultés de communication, peuvent mettre obstacle à l'importation des substances et réduire le peuple à la famine. Ajoutons l'utilité qui en résulte pour le bien social. Une ville astreinte à un grand commerce, doit subir le contact continuel des étrangers, et il arrive facilement que ce cosmopolitisme entame les mœurs et trouble la paix des citoyens. Le négoce excite l'amour du gain, développe la cupidité, au point que, dans la cité, tout devient vénal, et que l'on oublie le bien commun pour ne songer qu'à l'intérêt particulier. La notion de vertu est pervertie, la moralité publique est grayement atteinte.
Ailleurs, ^ saint Thomas trace le tableau des richesses naturelles les plus désirables, et il fait réloge de Fart agricole.
Ce grand esprit reconnaît sans doute la nécessité du commerce, ^' parce qu'il est très difficile de trouver un pays qui se suffise entièrement à lui-même, et qui puisse se passer de toute espèce d'importations étrangères ; et l'abondance même de ses produits serait ruineuse pour vm grand nombre, si les négociants n'en opéraient l'écou-