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lement dans d'autres contrées. ^ " Voilà pourquoi Fauteur traite des monnaies d'Etat qui sont l'instrument de l'échange, ^ et des routes par lesquelles les hommes communiquent entre eux. '^ Les routes, dit-il, ^ sont à l'usage de tout le monde, en vertu d'une sorte de droit naturel et du droit des gens. Aussi personne ne peut-il s'en emparer ou se les approprier par prescription même immémoriale. " Elles doivent être libres. Elles doivent être sûres.
La sûreté des communications est avantageuse à un Etat, parce qu'elle favorise le commerce, lequel accroît la fortune publique. C'est pourquoi la ville de Rome tira de grands profits de la construction des routes qu'on appelait voies romaines, et où l'on voulait que la circulation fût libre, et que les marchands s'y trouvassent en parfaite sécurité. *
Sans être hostile ni au commerce ni à l'industrie, saint Thomas redoute, non sans raison, pour l'ordre social et les bonnes mœurs, l'effet des grandes agglomérations urbaines. '' Un pays est d'autant plus paisible, dit-il, ^ que ses habitants se réunissent moins souvent, et que les populations des villes sont moins nombreuses. Les rassem-
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l'enseignement de s. t. d'aquin 57
blements sont une occasion de discorde et de soulèvements. Aussi vaut-il mieux, d'après la doctrine d'Aristote, que le peuple soit occupé hors de la ville que s'il y demeurait continuellement. " L'abus des richesses, l'excès des plaisirs, le désordre, naissent plus aisément du mélange ' des grandes villes que de la vie solitaire des campagnes.
Ces observations du saint docteur, vieilles ' de plusieurs siècles, répondent très bien, et mieux ' que jamais, à la réalité qui est sous nos yeux.
Au cours de ses écrits si divers et si compré- ; hensifs, le prince des philosophes n'a pas omis l'exposé des principes qui gouvernent le régime de la propriété et celui du travail, et qui renferment, dans leur virtuelle fécondité, la formule ^ des meilleures solutions sociales. ' Nos lecteurs connaissent cette page de la ! " Somme théologique, " très substantielle en sa ; concision, où le droit de propriété individuelle est nettement affirmé et péremptoirement démontré. ^ Léon XIII y a puisé la moelle des preuves qu'il oppose, dans son immortelle encyclique sur la condition des ouvriers, aux doctrines socialistes.
1. Voir notre Droit public de l'Eglise. L'Action religieuse et la Loi civile, ivc P., ch. 5.
Le remède aux maux dont souffre la société, saint Thomas l'indique, sommairement il est vrai, mais clairement, dans la description qu'il donne des vertus de charité et de justice dont se compose le code moral des employeurs et des employés. En quoi consiste la justice, et comment elle se divise ? quelles sont les fonctions propres de la justice légale, de la justice distributive et commutative, et quelle place prépondérante tiennent, dans la vie des peuples, ces formes et ces éléments de l'ordre social ? qu'est-ce que l'équité en regard de la justice stricte ? qu'est-ce surtout que la charité, et quelles sont les obligations qu'elle impose aux riches vis-à-vis des pauvres ? Voilà des questions d'une importance primordiale, dans les conflits sociaux actuels, et que l'auteur de la " Somme " discute et résout avec une incomparable maîtrise. ^
Conformément aux principes ainsi établis, saint Thomas définit brièvement les devoirs réciproques des maîtres et des sujets : fidélité inviolable de ces derniers envers leurs maîtres dont ils sont tenus de garder les secrets, à qui ils ne doivent faire tort ni dans leur personne ni dans leurs ' biens, mais qu'ils doivent au contraire assister le mieux possible du travail de leurs bras et des conseils de leur expérience ; bienveillance des maîtres