Ep. cath., IV
l'action sociale du t.-o. 111
cation qui lui convienne. Ils assignent à la richesse son rôle véritable. Ils en font, non un but, mais un moyen. Ils suspendent sur le seuil du pauvre l'image du charpentier de Nazareth. Ils ne cultivent point la misère ; mais ils ne croient pas, d'autre part, qu'il faille en rougir, et ils s'appliquent à la soulager.
Leur code social peut se résumer en ces deux maximes très sages : ne jamais perdre de vue les biens éternels qui sont les seuls nécessaires ; — ne travailler à l'acquisition des biens terrestres que selon l'ordre établi par Dieu, et dans la mesure et de la manière permises par sa loi.
Cette doctrine, les Tertiaires fidèles n'en gardent pas seulement la lettre. Ils en pratiquent l'esprit : esprit de charité, de solidarité, de fraternité, dont les règles de leur Ordre sont empreintes, et dont leur vie est comme embaumée. Et c'est grâce, surtout, à cet esprit fraternel, très liant, que l'Evangile, chez eux, et dans tous les milieux où leur influence rayonne, peut produire les fruits de paix dont il porte dans ses préceptes l'inépuisable fécondité.
Laissons parler l'Eglise elle-même par la bouche des deux Papes que nous nous plaisons à 3iter.
Le Tiers-Ordre, dit Léon XIII, ^ est une véritable école de liberté, de fraternité, d'égalité, non selon Fabsurde façon dont les francs-maçons entendent ces choses, mais dans le sens voulu par Jésus-Christ et compris par saint François. Ecole de liberté, de la liberté des enfants de Dieu qui nous soustrait à la tyrannie de Satan et des mauvaises passions ; école de fraternité, de cette fraternité qui nous rattache à Dieu comme au créateur et père de tous les hommes ; école d'égalité, de l'égalité établie sur les fondements de la justice et de la charité, et qui ne rêve pas de supprimer toute distinction entre les hommes, mais excelle à faire de la variété des conditions et des devoirs de la. vie une harmonie merveilleuse et comme un concert dont bénéficient les intérêts publics et la dignité des peuples.
Benoît XV, là où il parle de l'esprit distinctif du Tiers-Ordre, n'est pas moins précis.
Ce que François, écrit-il, ^ veut voir briller avant tout dans ses Tertiaires, et ce qui doit être leur marque caractéristique, c'est la charité fraternelle, gardienne très attentive de la paix et de la concorde. Sachant que la charité est le commandement spécial apporté par Jésus-Christ et la synthèse de toute la loi chrétienne, il mit tous ses soins à en faire la règle spirituelle de ses enfants. Et il aboutit à ce résultat que le Tiers- Ordre, en vertu même de sa constitution, put rendre les plus grands services à la famille humaine tout entière.
Au vrai, qu'y a-t-il de plus admirable que cette fraternité chrétienne dont le Tiers-Ordre ap-