‹ Etudes et appréciationsChapitre 46 sur 173 · Encycl. Sacra propediem · texte numérisé non relu

Encycl. Sacra propediem

l'action sociale du t.-o. 113

paraît partout comme la profession et l'exemple ? Qu'y a-t-il, pour des chrétiens, de plus beau et de plus touchant que ce titre de frères qui les groupe en une seule famille, sous lequel s'effectue l'union des âmes, par lequel se confondent dans la pratique d'une même règle des hommes de toute origine, de toute culture, et de tout métier ?

Qu'y a-t-il de plus puissant contre l'individualisme qui tient l'ouvrier isolé dans son travail, le bourgeois satisfait près de ses coiïres, l'employeur étranger aux péripéties de l'existence de ceux qui le servent ? Quoi de plus propre à allumer chez les uns la flamme de la sympathie, à éteindre chez les autres la haine envieuse, à susciter par le concours de tous des œuvres de prévoyance et d'assistance mutuelle, à combler le fossé creusé entre riches et pauvres, entre nobles et plébéiens, par le préjugé et la convoitise ?

La fraternité tend la main à tous les besoins, corrige les aspérités de la nature, ^aplanit les voies de l'entente.

Elle est la clef d'or qui ouvre aux antagonistes, las de se combattre, impatients de se réconcilier, le temple de la paix.

L'esprit de fraternité développe l'esprit d'asso-

ciation. Et l'association a toujours été, elle est particulièrement de nos jours l'un des plus forts leviers de l'œuvre catholique et nationale ; elle peut être d'un très précieux secours dans le travail qu'il faut opposer aux influences coalisées de toute part contre l'action sociale de l'Eglise. C'est la méthode chère aux Tertiaires, lesquels ne sont, en effet, eux-mêmes que des frères associés.

L'esprit d'association, dit Lacordaire, ^ qui régnait au moyen-âge, et qui est celui du christianisme, favorisa le mouvement du Tiers Ordre. De même qu'on appartenait à une famille par le sang, à une corporation par le service auquel on s'était voué, à un peuple par le sol, à l'Eglise par le baptême, on voulut appartenir par un dévouement de choix à l'une des glorieuses milices qui servaient Jésus-Christ dans les sueurs de la parole et de la pénitence. On revêtait les livrées de saint Dominique ou de saint François ; on se greffait sur l'un de ces deux troncs, pour vivre de leur sève tout en conservant encore sa propre nature.

D'après des auteurs dignes de foi, le Tiers- Ordre franciscain prit une part importante dans l'établissement des célèbres corporations ouvrières d'autrefois. Saint Louis, nous l'avons dit, était tertiaire ; son premier ministre, Etienne Boileau, dont le Livre des Métiers porte le nom, l'était également. '^ Tous les deux, écrit l'abbé

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