Germain, ouv. cit., pp
M. Harmel a montré, et en paroles et en actes, ce que l'esprit généreux de saint François, qui n'est autre que l'esprit même de Notre-Seigneur, peut faire pour l'organisation professionnelle et la pacification sociale. Sous ce régime, patrons et ouvriers forment en quelque sorte un même corps où l'autorité industrielle s'applique à prendre les formes de la paternité, et où cette paternité, exercée dans des sentiments de justice et de bonté, recueille du cœur de ceux qui lui sont soumis, respect, fidélité et reconnaissance.
Quels que soient d'ailleurs ses cadres, l'association où domine l'influence toute chrétienne du Tiers-Ordre, est génératrice de paix.
Les unions ouvrières qu'anime ce souffle de vertu et de grâce, ne sont plus des formations de combat dirigées contre l'ordre social, mais des groupements d'hommes soucieux de sauvegarder, par des moyens honnêtes, leurs intérêts spirituels et matériels.
Les unions patronales dociles au même esprit, n'ont rien, de leur côté, de la morgue froide et injuste qu'affichent, à l'endroit des travailleurs, certaines ligues capitalistes. Le patron tertiaire s'efforce de concilier, dans une haute pensée sociale, ses propres avantages avec ceux de ses employés. Et, si les circonstances le permettent et l'y invitent, il ne recule pas, bien au contraire, devant la création de conseils mixtes où puissent
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se débattre, entre lui-même ou ses délégués et les chefs ouvriers, d'une façon profitable pour les deux partis, les conditions du travail, notamment ce qui regarde le salaire, l'hygiène, la moralité. Ainsi s'affirme, dans une de ses manifestations les plus utiles, le patronage chrétien. ^
Des remarques que nous venons de faire, on nous permettra d'inférer cette proposition, très évidente pour nous, que le Tiers-Ordre séculier de saint François occupe une place considérable, pour ne pas dire prédominante, parmi les nombreux facteurs d'où dépend le succès de l'action sociale catholique.
Quelles conséquences pratiques tirer de là ?
Il y en a plusieurs.
La première concerne le recrutement des Tertiaires, qu'il est important d'activer par tous les moyens possibles. C'est ce que Benoît XV, à bon droit, demande, lorsqu'il dit :'^
Il est à souhaiter qu'en chaque ville, en chaque bourg même et en chaque village, le Tiers-Ordre
1. Voir les Acles du troisième Congrès du Tiers-Ordre franciscain (1896). Les Corporations et le Tiers-Ordre par le R. P. Joseph, F. M. C.