‹ Etudes et appréciationsChapitre 49 sur 173 · Encycl. Sacra propediem · texte numérisé non relu

Encycl. Sacra propediem

compte désormais un groupe suffisant de membres, non point de ces adhérents inactifs et satisfaits de leur seul titre de Tertiaires, mais bien de ceux qui se dépensent avec zèle pour leur salut et le salut de leurs frères. Pourquoi même les diverses Associations catholiques qui se multiplient partout, associations de jeunesse, ouvrières, féminines, ne s'affilieraient-elles pas au Tiers-Ordre, afin de continuer à travailler à la gloire de Jésus-Christ et au triomphe de l'Eglise avec la même ardeur que François pour la paix et la charité?

Une seconde conséquence consiste dans l'étude attentive, raisonnée, des principes et des problèmes sociaux, qui s'impose aux Tertiaires.

Ce n'est pas faire dévier la règle franciscaine que de créer, au sein des Fraternités, des cercles d'études sociales et de diriger le travail des membres par des leçons et des conférences appropriées. Il y a, dans ce seul domaine de l'action catholique, tant de choses que les patrons chrétiens doivent savoir, que les ouvriers chrétiens peuvent apprendre,^ que tous les Tertiaires ont intérêt à ne pas ignorer. La morale sociale est un vaste champ dont l'exploitation s'élargit chaque jour avec le progrès de l'industrie et les mille questions que ce progrès soulève. Les fonctions de la famille, de l'Eglise et de l'Etat, en

1. Tout récemment, Benoît XV, dans une audience accordée à l'Association primaire catholique des Arts et Métiers, recommandait aux ouvriers l'étude des questions religieuses et sociales.

l'action sociale du t.-o. 119

elles-mêmes, dans leurs relations mutuelles, et dans leurs rapports avec l'ordre économique, les obligations de justice et de charité qui constituent le code de conscience et d'honneur des classes professionnelles, les dangers spéciaux qui, soit par la diffusion de doctrines fausses, soit par les menées des associations révolutionnaires, soit par la dépravation des mœurs publiques, tendent à bouleverser de fond en comble la société contemporaine : voilà autant de sujets très graves qu'il importe de traiter devant les membres du Tiers-Ordre.

Mais ces études auxquelles l'on veut que les Tertiaires s'adonnent, sont faites finalement pour l'action.

L'Eglise voit dans les œuvres sociales l'une des grandes nécessités de l'heure présente.

L'un des mérites de la charité, fait observer Léon XIII, 1 c'est de soulager les misères du peuple non seulement par des secours passagers, mais surtout par un ensemble d'institutions permanentes. Ces œuvres offrent aux nécessiteux une garantie plus sûre et plus durable. Aussi est-il digne d'éloges le dessein de former à l'économie et à la prévoyance les artisans ou les ouvriers, et d'obtenir qu'avec le temps, ils assurent eux-mêmes, au moins en partie, leur avenir. Les riches, par là, se grandissent dans leur rôle vis-à-vis des pauvres. Et les pauvres y trouvent, avec une amélioration de leur sort, une existence ennoblie, des condi-

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