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Allocution de Noël, 24 déc

LE BOLCHÉVISME 165

gation des droits du peuple dont on proclame bruyamment la souveraineté et l'indépendance. L'autorité perd de la sorte, aux yeux des populations, le seul titre qui lui assurait l'efficacité du commandement. Viennent les fauteurs de désordres, les entrepreneurs d'anarchie et de bolchévisme. Des foules entières, excipant de cette liberté, de cette auto-détermination rangée parmi leurs plus inaliénables privilèges, monteront à l'assaut de la Bastille et couvriront le sol de ruines. Essaiera-t-on de les discipliner par les préceptes de la morale laïque enseignée dans les écoles sans Dieu ? Que valent les préceptes de cette morale pour lier les consciences, orienter les têtes et diriger les bras ? L'éminent cardinal Mercier le déclarait récemment, dans nos salles mêmes : on ne sépare pas la morale de la science de Dieu. Là, encore une fois, est la cause profonde de toutes les erreurs sociales actuelles, et du bolchévisme qui en est l'effroyable aboutissement. Le bon sens protestant s'accorde avec la clairvoyance catholique pour le proclamer. /

On a sécularisé les écoles en France, écrit un auteur américain ^, et on est en train de les séculariser ici : une i^ague de socialisme est passée sur la France, et cette Tiême vague menace ici de nous submerger. Toujours et oartout, les mêmes causes produisent les mêmes effets.

L BiRD S. CoLER, Deux et deux font quatre (trad. de l'abbé ^'auteux), p. 171.

Elevées dans des écoles sans foi, les générations modernes ignorent tout de ce qu'est la famille chrétienne ; et la famille naturelle elle-même n'est plus, pour elles, qu'une société d'amour libre où l'inconduite des époux, l'indocilité des enfants, sèment bientôt la discorde, le divorce et la haine. C'est la conséquence inévitable du mariage civil établi, sous le règne officiel de l'athéisme, par l'Etat. Les désordres domestiques deviennent ainsi le funeste apprentissage des crimes publics, des forfaits antisociaux. Ceux qui se coalisent pour combattre le bolchévisme, tout en proclamant l'inviolabilité du régime laïque, ne sauraient donner le spectacle d'une plus lamentable contradiction.

Leurs lois sur la nécessité de l'ordre, sur le respect de l'autorité et de la propriété, sur la valeur des contrats individuels, collectifs, internationaux, sont atteintes d'un vice radical. Elles manquent de cette force morale, dérivée de la loi de Dieu, qui en est le nerf nécessaire. Elles ressemblent à ces haies frar giles de pieux mal assemblés que la bête furieuse fait voler en éclats.

A peine, dit Benoît XV, ^ les gouvernements ont-ils méprisé l'autorité divine que les peuples se moquent à leur tour de l'autorité humaine. Il reste sans doute l'expédient accoutumé, l'emploi de la force pour répri-

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