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Lettre aux Evêques d'Autriche, 1er mai

fait cause commune avec les puissances protestantes contre l'empire catholique autrichien. ^ Des publicistes de France écrivent d'une plume réjouie :^

Elle aussi, la vieille Eglise, elle bénéficiera de la libération de l'Europe. Les empires écroulés pesaient sur elle d'un poids très lourd. Ils se donnaient l'air, parfois, de vouloir la protéger, mais leurs gestes enveloppants lui présentaient des chaînes, et leurs avances expiraient en menace... Les seules barrières avec lesquelles l'Eglise doive désormais compter sont celles que pourra toujours lui opposer la liberté des âmes individuelles, barrières que Dieu respecte, comme il respecte cette liberté.

Ces paroles très littéraires, et aussi très libérales, semblent bien le contre-pied de la thèse catholique, ^ thèse posée par les Papes, soutenue par les théologiens, et rappelée naguère à leurs ouailles par les évêques de l'Autriche allemande.

Aucun catholique, affirment ces prélats, ne peut souhaiter ou accepter la séparation de l'Eglise et de l'Etat, car c'est un moyen de déchristianiser la vie et la civilisation. 4

1. Voir à ce sujet une belle et judicieuse page de Mgr Bou- <3AUD, Hist. de saint Vincent de Paid, t. ii, pp. 1-3. L'auteur montre comment la France, à l'encontre du sentiment de ses meilleurs fils, trahit alors son rôle de fille aînée de l'Eglise.

2. Geo. Goyau, Revue des deux mondes (1er juillet 1919), dans un article intitulé : L'Eglise libre dans VEurope libre.

3. Voir notre Droit publie de l'Eglise. Principes généraux, leçons 10 et 11.

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