Ibid., 1. VII, c
les rapines, voilà des effets de la guerre ; les fils det paysans se font voleurs, leurs filles se prostituent, i) n'y a plus ni aumônes, ni bonnes œuvres, et surtout h pauvre peuple qui n'est nullement responsable de Tétat de guerre, est celui qui en souffre le plus. Un sage a dit : " Les Grecs paient les folies des rois ". Quana Vimpie s^ enorgueillit, le pauvre est réduit en poussière (Ps. IX). On fait un grand tort au pauvre, si on Iva prend le peu qu'il possède ... 11 est rare qu'il n'arrivt quelque malheur à ceux qui font la guerre : ou bier ce sont eux qui en souffrent,, et alors c'est un mal pour eux ; ou bien ils en font souffrir les autres, ce qui est encore pire. Car il vaut mieux subir . Vhwniliatiori avec les humbles que de partager les dépouilles avec la superbes (Frov. xvi).
Les peuples ont un droit de fond à la liberté et à l'indépendance, et ils ne peuvent en être privée que pour des raisons majeures issues d'un droit prédominant. ^ Sans ces raisons, qui doivent être vraies, la conquête est injuste. Elle n'est plus
1. " Naturellement et originairement, une nation ne peul être obligée de subir la dépendance d'un autre peuple, sinor par suite de son propre consentement ou d'une offense envers cette autre nation. " Taparelli, ow. cit., t. m, p. 466 ; Cf id., ihid., t. iv, pp. 352-90. — Et ceci (soit dit en passant) suffit à prouver que si le principe de la " libre détermination ' peut être justement invoqué par les pays dont la métropole a introduit cette maxime dans son droit public, ou encore peut servir à stimuler la marche régulière et constitutionnelle d'un peuple vers une autonomie toujours plus grande, et l'indépendance finale, il ne saurait être admis dans son sens absolu et illimité. (Voir, en outre, ce qu'enseigne Léon XIII touchant les gouvernements de fait dont les circonstances peuvent faire des gouvernements de droit, encycl. du 16 fév. et du 3 mai 1892)
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que le fruit d'une ambition déréglée qui abuse de la force pour assouvir sa soif de l'or/ ou sa passion de gloire vaine. ^
" Que sont les empires, écrit Saint Augustin,^ quand la justice en est bannie, sinon de grandes assemblées de brigands ? " Et le saint docteur justifie sans peine ce mot de brigandage, que le succès colore du nom de royauté, '^ non parce que la cupidité est diminuée, mais parce que l'impunité est accrue. " Il ajoute :
C'est ce qu'un pirate répondit avec autant de finesse que de raison à Alexandre le Grand qui l'avait pris. Comme ce prince lui eût demandé à qui il en avait de troubler ainsi la mer, il lui répondit fièrement : *' A qui en avez-vous vous-même de troubler toute la terre ? Mais parce que je n'ai qu'un vaisseau, on m'appelle corsaire, et parce que vous avez une grande flotte, on vous nomme conquérant. "
L'esprit de conquête n'a jamais, en réalité, beaucoup différé de celui qu'affichait, du temps de Lafontaine, le loup de la fable. D'ordinaire, cependant, il croit devoir s'envelopper de prétextes plus ou moins subtils, plus ou moins étudiés, selon le degré de culture des nations.
D'après une théorie émise par plusieurs philosophes du siècle dernier, certains peuples supé-