La Cité de Dieu, 1. iv, c
rieurs par la science et la puissance jouiraient d'un droit de contrôle naturel sur les affaires des autres peuples, contrôle pouvant aller jusqu'à l'usage de la force.
Nous ne savons vraiment, fait remarquer à ce sujet Taparelli, 1 où se délivrent les brevets de capacité et les actes de naissance qui assurent ici la prépondérance. Nous pouvons également révoquer en doute la prétendue supériorité des nations civilisées à l'égard des nations barbares, et nous ne savons de quel droit on s'arroge sur ces dernières une autorité infaillible qui exige de leur part une soumission obligatoire : à notre avis, personne ne peut avoir une supériorité de droit sur des nations libres et indépendantes. Sans doute, on peut leur être supérieur de fait en talents politiques, en puissance, en civilisation ; on devra, par le devoir de la bienveillance internationale, communiquer ces biens aux peuples qui nous les demandent, mais jamais nous n'aurons le droit de les leur imposer, de les contraindre à les accepter.
Ce patronage, en apparence désintéressé et généreux, n'est souvent que le fourreau où se cache l'épée conquérante. Des faits notoires nous le démontrent. Et ils prouvent du même coup combien l'impérialisme, pour atteindre ses fins, sait déployer d'ardeur et de ressources. Là où la force brutale révolterait, on procède plus adroitement. On offre sa tutelle, sa force d'assistance, ses moyens d'organisation et de gouvernement. On pousse la libéralité jusqu'à combler les peuples de l'abon-