‹ Etudes et appréciationsChapitre 87 sur 173 · Voir V Encyclopédie du XlXcme siècle, au mot. Esclavage · texte numérisé non relu

Voir V Encyclopédie du XlXcme siècle, au mot. Esclavage

habile, battirent successivement plusieurs corp: de troupes envoyés contre eux, et firent tremblei Rome. Ce mouvement allait grandissant et ga gnait toutes les provinces, losqu'enfin des forcer supérieures l'enrayèrent. Il s'en suivit, dans h classe plébéienne, une agitation profonde ; et oi attribue à l'influence de ces événements les troubles populaires qui ont rendu célèbre le nom de- Gracques, et où se traduisait l'irritation justifiée des petits contre les usurpations de richissimes propriétaires, exploiteurs et profiteurs impérialistes d'alors.

La seconde guerre éclata trente ans plus tard, causée par le môme mépris de la gent patricienne, insolente et repue, envers ceux qu'elle tenait sous sa verge. L'Italie et la Sicile furent le théâtre d(' luttes acharnées, et on porte à plus d'un million le nombre des esclaves qui, malgré quelques succès, périrent par le fer, le feu ou la famine, sans avoir pu améliorer le sort de leurs compagnons d'infortune.

Un quart de siècle après, le gladiateur Spartacus leva, à son tour, contre la tyrannie romaine l'étendard de la révolte. Son talent et son courage ayant attiré sous ses drapeaux plusieurs millions d'esclaves, de paysans et de mécontents, il se mit bravement à leur tête et remporta, pendant plus de deux années, sur les soldats de la république, d'immenses avantages. Le Sénat effrayé fit appel à l'un

l'impérialisme 187

de ses plus forts généraux. Affaiblie par les dissensions, Farmée spartacienne fut incapable, malgré l'intrépidité de son chef, de résister au choc des 'légions de Rome. La cause des esclaves succombait une troisième fois sous les coups de la force. L'esclavage fut une des plaies dont l'empire romain souffrit davantage et qui hâtèrent sa dis- ,solution. Non seulement la nation se voyait par- ;tagée en deux classes nettement hostiles, mais le travail abandonné à la foule honnie des esclaves, n'avait, aux yeux des grands, d'autre prix que celui J'une source de revenus. L'oisiveté, le luxe, la richesse, les plaisirs, eurent peu à peu raison des r-ésistances morales d'un peuple d'abord équitable 3t vigoureux, mais que ses conquêtes mêmes et 'étendue de ses possessions précipitèrent dans une nultitude de maux. C'est la remarque de saint Augustin :

Dans la dernière guerre punique, dit-il, ^ la rivale le l'empire ayant été ruinée de fond en comble, la rémblique, qui n'avait plus d'ennemis à craindre, fut ellement corrompue par la prospérité, et cette corrupion suivie de calamités si désastreuses, que l'on peut lire que Carthage lui fit plus de mal en tombant qu'elle le lui en avait causé dans sa plus grande puissance.

Dieu qui sait tirer le bien du mal, et subordonler les événements aux intérêts supérieurs qu'il a

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