La chute d'Adam ne nous a-t-elle pas valu le Rédempteur
2. Saint Augustin, Cilé de Dieu, 1. V, c. 12 ; Saint Thomas Gouvernement des Princes, 1. m, c. 4-6.
3. Cf. notre Droit public de l'Eglise. L'organisation religieuse et le Pouvoir civil, eh. 1.
4. Saint Augustin, Cité de Dieu, 1. i, ch. 30 ; 1. ii, ch. 18. ** Dieu a broyé cet infâme empire, et les nations sont nées, et la liberté a lui sur le monde. " (Louis Veuillot, Le Parfum de Rome, t. i, I. vi).
l'impérialisme 189
par l'Evangile et par l'Eglise, ont sans doute amélioré, dans une mesure notable, les relations des hommes et des peuples. Ils n'ont pas éteint le feu de cupidité allumé dans la race humaine par le péché d'Adam.
Nous ne voulons parler ici ni des invasions des Barbares, ni de celles des Sarrasins ou des Musulmans qui, sous différents noms, guerre aux chrétiens, chasse aux esclaves, traite des nègres, ont assombri de si nombreuses pages de l'histoire de l'humanité. ^ Un fait plus humiliant pour nous, c'est que des nations chrétiennes, emportées par la passion du lucre, se sont elles aussi, malgré les protestations de l'Eglise, souillées du même crime.^
Dans son ouvrage sur l'esclavage, iVugustin 3ochin montre comme la théorie des colonies, pour es grandes nations, est belle, mais combien, en oratique, les faits contrastent avec l'idéal.
L'extermination des indigènes, dit-il, ^ c'est presque m tous lieux la première page de l'occupation des colonies. L'exploitation rapace du sol par les occupants, ')ar les compagnies, par les gouvernements, est en gèlerai la seconde page. Heureuses ces possessions loinaines, lorsque la métropole ne les exploite pas à son our comme un égoïste propriétaire de fermes éloignées, lui en tire tout ce qu'il peut, se plaint de ce qu'elles