‹ Etudes et appréciationsChapitre 90 sur 173 · L'abolition de Vesclavage, t. i, p · texte numérisé non relu

L'abolition de Vesclavage, t. i, p

coûtent, et s'y fait -représenter par un régisseur san entrailles... Comme l'Angleterre, la Hollande, l'Es pagne, le Portugal, comme toutes les nations, presqu< aussitôt qu'elle eut des colonies, la France eut de.' esclaves. Elle les recruta, comme toutes les nations par l'infâme pratique de la traite. Ce trafic fut nor seulement toléré, mais encouragé, favorisé, consacn par des traités.

Grâce à l'action, directe et indirecte, des idée^ chrétiennes, l'esclavage a été aboli. Mais l'impérialisme toujours vivace, sous des étiquettes diverses, poursuit son travail d'accaparement ; et il soulève partout des problèmes sociaux non moins redoutables que ceux des siècles passés.

Rien n'est humain comme l'envie. Et rien, peut-être, n'est plus propre à exciter, dans l'âme des peuples, ce sentiment, que le spectacle d'Etats immenses, orgueilleux et omnipotents, dont la force s'accroît de l'affaiblissement des nations conquises. Autant la chrétienté, par ses alliances de foi, tendait jadis à unir, autant les empires modernes, par leurs principes égoïstes, tendent à diviser. Fondés le plus souvent sur la déchéancel ou l'amoindrissement des libertés particulières,! sur le sacrifice des intérêts nationaux, parfois même! sur des injustices et des cruautés sanglantes, ils peuv€nt,pour un temps, réussir à étouffer la voix des victimes, à enchaîner leurs paroles et leurs gestes. Mais cette situation violente ne saurait durer.

l'impérialisme 191

Les grands Etats impériaux du ^siècle dernier, écrit un publiciste philosophe, ^ sont le résultat nécessaire de l'industrialisme contemporain, industrialisme dont riiistoire ne nous offre pas d'exemple. Ils sont tous nés de cette ambition démesurée et malsaine qui est la marque de l'impérialisme et la négation des valeurs humaines. Ils sont le fruit de ce système où l'on substitue la quantité à la qualité. Ils constituent pour la liberté une perpétuelle menace. Ils sont les destructeurs implacables des énergies de race, l'aliment de la voracité, de la corruption, et de l'exploitation. Ils doivei-^ disparaître. Et ils disparaîtront, soit par un effacement volontaire, soit par une catastrophe.

C'est avec raison que le docteur Cram nous représente l'impérialisme comme un être sans entrailles pour qui les hommes et les races ne comptent pas. La dernière guerre où plus de vingt millions de soldats ont été tués ou grièvement blessés, et qui, d'autre part, a fait surgir un très grand nombre de millionnaires nouveaux, montre bien jusqu'à quel degré de cynisme on peut pousser, sous l'inspiration de l'intérêt, le mépris de la vie humaine.- Dans l'une des revues d'Europe les plus répandues, un écrivain, à propos de recrutement militaire, évaluait récemment la '^ force Doire " tirée des colonies comme on estime la force animale destinée aux plus durs travaux. Et, dans son vif désir de voir se multiplier les unités

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