Ralph-Adams Ckam, The aiiis of the l'aihers, pp
2. Et cependant combien le Pape a travaillé pour épargner même une seule vie, même celle du plus humble Js ses fils î
de cette force, il n'hésitait pas à se prononcer er faveur de la polygamie. ^ Pratiquer l'élevage de.^ hommes comme on pratique celui des bêtes, voilà un des objectifs de cette morale utilitaire qui se substitue, en tant de milieux, à la morale évangélique.
L'évolution impérialiste a changé, dans la vie des peuples, les formes de la servitude. La servitude elle-même, en réalité, subsiste. Pour servir l'orgueil des grands, au lieu de légions d'esclaves, il y a des millions de conscrits. ^ La conscription date de la révolution française,^ et elle porte, en effet, le sceau de l'étatisme rogue et farouche. Elle offre tous les traits d'une véritable chasse à l'homme. Des fils de paysans, d'artisans, d'ouvriers, l'appui de leurs familles, sont traqués et saisis comme des fauves, arrachés à leurs travaux, liés, entassés dans des wagons pour être expédiés, comme un vil troupeau, à la caserne, aux champs
1. Revue des Deux Mondes, 15 juin 1919. — Nous mentionnons ces vues d'un auteur français, sans d'ailleurs attribuer à l'opinion française des visées d'injustes conquêtes.
2. Nous parlons ici d'une façon générale, et sans nier que, dans des cas particuliers, le service militaire obligatoire puisse servir un dessein très noble, celui de la défense du pays.
3. La loi du 19 fructidor, an iv, "fut la première qui posa le principe du service obligatoire et personnel " (Nouveau Larousse, au mot Conscription). — Dans son excellent opuscule la Révolution française (ch. xi), Mgr Freppel fait voir comment le militarisme, " l'une des plaies les plus vives et les plus profondes de notre temps, " est sorti de la Révolution.
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de manœuvre, puis bientôt sur le théâtre de la cruelle boucherie. Et pour mieux marquer le caractère brutal de cette exploitation de la force humaine, en face de la mort imminente, on grise d^eau-de-vie les victimes.
Ce tableau n'est pas chargé. Les peuples l'ont eu naguère sous les yeux ; et quelle âme vraiment chrétienne n'en a été douloureusement émue !
Léon XIII n'a pu se défendre de déplorer publiquement cet état de choses. Dans une lettre solennelle " aux peuples et aux princes de l'univers, " ^ il jetait il y a vingt sept ans ce cri d'effroi :
Depuis nombre d'années déjà, on vit dans une paix plus apparente que réelle. Obsédés de mutuelles suspicions, presque tous les peuples poussent à Tenvi leurs préparatifs de guerre. L'adolescence, cet âge inconsidéré, est jetée, loin des conseils et de la direction paternelle, au milieu des dangers de la vie militaire, La robuste jeunesse est ravie aux travaux des champs, aux nobles études, au commerce, aux arts, et vouée, "pour de longues années, au métier des armes. De là d'énormes dépenses, et l'épuisement du trésor public ; de là encore, une atteinte fatale portée à la richesse des nations, comme à la fortune privée ; et on en est au point que l'on ne peut porter plus longtemps les charges de cette paix armée. Serait-ce donc là l'état naturel de la société ?
Non, répondrons-nous avec Benoît XV, lequel