‹ Etudes et causeries littérairesChapitre 100 sur 140 · L'HOMME, LE PENSEUR, LE POETE · texte numérisé non relu

L'HOMME, LE PENSEUR, LE POETE

■MONSIEUR LECONTE DE LlSLE, successeur de V. Hugo à l'Académie française, auteur des Poèmes barbares, des Poèmes antiques, des Poèmes tragiques, poète « impeccable », écrivain athée, est mort, âgé d'environ soixante-seize ans, le 18 juillet 1894. Après avoir outragé Dieu et maudit l'Église, depuis trente ou quarante ans, à rime que veux-tu, il s'est passé de Dieu et de l'Église pour mourir. Toutefois, son cadavre, ainsi qu'il est arrivé à plus d'un parmi ses contemporains, avant de descendre dans la tombe, a été porté dans la maison de DlEU, où cet homme ne fréquentait point.

A l'exemple de V. Hugo, son prédécesseur et maître, et comme plusieurs de ses malheureux confrères, récemment frappés, Taine, Renan..., il a fait un long voyage dans la vie, sans songer au terme ; il a marché dans le bruit, sans lever les yeux ; dans le rêve, en se moquant du réveil. La mort a saisi ce vieillard, au moment où, réduit à l'impuissance, ne pouvant plus même assembler des débris d'hémistiches, il méditait un ouvrage de haine contre la foi catholique ; réalisant de la sorte le souhait impie qu'il avait osé adresser au Christ, en lui criant de laisser l'homme

indifférent et vieux, Se coucher et dormir en blasphémant les dieux (').

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