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I. Etudes littéraires,, pp. 2S

plus grec que la Grèce (') ; » et M. J. Lemaître, avec une de ces restrictions dubitatives qui sont une de ses manières d'affirmer, juge finement les prétendues idylles grecques : Glaucè, Klytie, La Source et le reste : « Dirai-je qu'il manque à ces églogues, pour être entièrement grecques, le je ne sais quoi que Chénier seul a connu par un extraordinaire privilège (2) ? »

Le je ne sais quoi, c'est la naïveté, le laisser-aller du sentiment, le naturel : ce naturel que l'artiste rencontre alors qu'il ne se cherche pas lui-même. Leconte de Lisle est le moins naïf des poètes : Hugo, en dépit de ses poses olympiennes, l'était davantage. On aura beau nous répéter que Leconte de Lisle fut impersonnel ; au fond de toutes ses œuvres, il n'y a que lui ; c'est lui qu'il expose sur ces toiles grecques, hindoues et autres-

En nous étalant... Baghâvat, Çunacépa, Hypatie, Niobé, Tiphaine et Komor, Naboth, Kaïn, Néférou-Ra, le Barde de Temrah, Angantyr, Hialmar, Sigurd, Gudrun, Velléda, Nurraahal, Djihan-Ara, Dom Guy, Mouça-el-Kébyr, Kenwarc'h, Mohamed-ben-Amar- al- Mançour, l'abbé Hiéronymus, la Xiména (quels héros et quels noms !), les pirates malais, et le condor des Cordillères, et le jaguar des pampas, et le colibri des collines, et les chiens du Cap, et les requins de l'Atlantique, ce poète .finalement ne peint que lui, ne montre que sa propre pensée (3)...

La jeunesse symboliste, impressionniste, décadente, s'exclame : « Oh ! comme tout cela est donc attique, védique, celtique, khaldaïque !... » M. A. France dit plus simplement et avec raison : <L Oh! comme tout cela est LecOnte de Lisle !... Lui, toujours lui ! »

i. Histoire du romantisme, p. 331.

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