M. P. Stapfer, p
M. P. Stapfer déclare excusable et heureuse cette parodie, qui est risible et idiote. Dans sa harangue funèbre et officielle, M. Brisson déclarait à nos représentants que ce « grand homme » aima « les petits et les humbles » et qu'il « les portait dans son cœur ». Les panégyristes lettrés négligent avec raison ces fleurs d'une rhétorique douteuse, mais ils écrivent, comme M. Stapfer, que Hugo « le géant... est bon ». « Amour, pitié (sans restriction), paix à tous, voilà le dernier mot... de Hugo vieillissant », selon M. E. Dupuy (') ; et Paul de Saint-Victor avait résumé tout ce concert en une note vibrante : « La bonté est la vertu de ce grand génie (2). »
Au surplus, le grand génie s'est chargé du soin agréable de répéter lui-même au monde qu'il fut bon ; il ne cesse de crier, avec la modestie particulière qui sied aux poètes : Je fus <J un bonhomme clément (3) », et cela, par la simple raison que j'exerçai le noble métier des vers ; car
La poésie au front lumineux est la sœur
De la clémence, étant la sœur de l'harmonie (4) ;
et la fonction du poète, « ce veilleur..., cette voix qui passe, est
De demander à tous, pour tous : paix, pitié, grâce (5).
Un témoignage mieux fait pour convaincre des esprits rebelles à cette logique rimée, ce seraient les pages de ses livres où, sans poser pour la bonté, il laisse tomber