Le; Êrynnies
De délivrer les siens en faisant leur salut, Car en charité vraie elle était toujours riche.
Il ne sied pas de corriger des pages couronnées par l'Académie, comme s'il s'agissait d'un devoir d'élève. Notre seul but, en signalant les négligences de ce style soigné, fut de montrer, pour ceux qui veulent voir, comme quoi certains « impeccables » trébuchent, à l'égal des petites gens ; et qu'à tout âge il serait bon de fréquenter l'école.
Non certes que nous voulions refuser nos louanges à ce qui est louable dans cette œuvre qui a tant coûté. Leconte de Lisle a rudement besogné sur sa tâche ; et si Buffon l'avait connu, nul doute qu'il ne lui eût appliqué sa paradoxale définition du génie : « une grande aptitude à la patience. »
Quarante ans de sa vie, Leconte de Lisle a pratiqué le culte de la forme — cette forme adorée des artistes que le fond ne gêne point. Ce n'est pas ici le lieu d'examiner si ce culte-là suffit à une intelligence, à une volonté, à une existence humaines. Nous avons, en maint endroit, manifesté notre opinion sur l'emploi que l'auteur des poèmes Antiques-, Barbares, Tragiques, a fait de son grand talent et de sa longue vie.
Ici, n'ayant plus à juger que l'écrivain, nous estimons digne d'éloges cette recherche constante et passionnée du beau, même de ce beau inférieur et en quelque sorte matérialisé ; cet énergique vouloir d'assouplir, d'enrichir toujours plus notre langue, souple à qui sait la manier, et si riche à qui en pénètre les secrets ; ce soin et souci de la correction qui remet vingt fois un ouvrage sur le métier ou sur l'enclume.
Ce perpétuel effort n'est pas sans quelque mérite.
LECONTE DK LISLE. 197
Par malheur, c'est bien comme le disait, il y a vingtcinq ans déjà, Louis Veuillot, « le perpétuel effort d'Icare, dont les ailes se détraquent et qui retombe...; assis (') K