‹ Etudes et causeries littérairesChapitre 135 sur 140 · I. L. Veuillot, Correspondance, t. III, p · texte numérisé non relu

I. L. Veuillot, Correspondance, t. III, p

sur sa cheminée, des pièces blanches et jaunes, sur lesquelles les apprentis littérateurs qui lui faisaient visite, avaient le droit de jeter les yeux et d'allonger la main. Louis Veuillot aida, lui aussi, les gens de lettres malheureux, surtout ceux qui l'avaient vilipendé ; mais, lorsqu'on le priait de pousser un jeune homme vers la littérature, il répondait : « Quand ce n'est pas la plus impérieuse des vocations, c'est le dernier des métiers et celui où le salut court le plus de risques... Je n'en connais point qui mène plus vite à l'enfer, et même à l'hôpital (x). »

Daudet n'alla point à l'hôpital. Les fées du Midi avaient soufflé sur son berceau et le Petit Chose attira sur lui, comme disait Boileau, le « regard des astres favorables ». A Paris, vers 1860, il y avait, sinon des fées, au moins des princesses ; l'Impératrice protégea le jeune poète méridional auprès du duc de Morny, tout comme la princesse Mathilde achemina le jeune Parisien Coppée vers le succès. Morny attacha Daudet à son cabinet ; le petit « employé à crinière mérovingienne, — c'est lui qui parle, — toujours le dernier venu au bureau, le premier parti, et ne montant jamais chez le duc, que pour lui demander des congés », eut des rentes et des loisirs qu'il employait à écrire pour le théâtre et pour tout le monde. Il sut encore les mettre à profit en étudiant de près le haut personnage qui le faisait vivre ; et, douze ou quinze ans plus tard, après la chute de l'Empire, il se servit de ce qu'il avait vu pour crayonner, dans le Nabab, une satire contre le duc qu'il estimait «. bête et bourgeois (2) ». Le Nabab

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