‹ Etudes et causeries littérairesChapitre 136 sur 140 · Journal des Goncouit, 1S76, 21 mars · texte numérisé non relu

Journal des Goncouit, 1S76, 21 mars

fut composé pour le journal opportuniste le Temps : et c'est là que Daudet se mit en devoir de caricaturer le « duc de Mura..., qui s'est improvisé homme d'État de premier ordre, rien qu'avec des qualités de mondain, l'art d'écouter et de sourire, la pratique des hommes, le scepticisme et le sang-froid, habile à donner du sérieux aux choses futiles, à traiter légèrement les choses graves... »

On reprocha vivement, comme de juste, au romancier parvenu cette indépendance du souvenir à l'égard d'un bienfaiteur. L'auteur du Nabab répondit aux reproches par des plaisanteries, et conta qu'il s'était soustrait aux avances bienveillantes de Morny, en lui disant avec hauteur : « Je suis légitimiste. » — Légitimiste, il l'était par son éducation ; et, tout petit collégien, à Lyon, il avait écrit une nouvelle toute vibrante de fidélité à l'ancien régime ; mais, après le 16 mai, il fallait faire sa cour à ses nouveaux maîtres les républicains opportunistes, qui aspiraient à monter plus haut, comme Tartarin sur les Alpes. En 1879, l'ancien protégé de l'Impératrice Eugénie donna au Temps son amère et navrante charge des Rois en exil — où, comme dit très bien M. Doumic, il met en scène « l'effritement de la grandeur dans l'exil, la fierté royale entamée par le désarroi des habitudes rompues, par l'énervement de l'attente, des espoirs insensés, des angoisses, des déceptions; puis, gagnée peu à peu par le laisser-aller, les familiarités, le coudoiement de la rue, la bohème de l'exotisme ;... lente démoralisation, vraie déchéance (*). » Alphonse Daudet s'acharnait à ces désolantes perntures, juste à l'heure où le comte

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