Châtim., le Bord de la mer
3 M. A. de Pontmatin, Se m. litlér.
marqués à l'effigie de l'empereur, sans que l'auteur jetât ce vil métal dans le « vase baptismal (') » de la Manche. Le « tyran » si bassement outragé ne fit pas même rayer le nom de l'insulteur de la liste des Quarante, alors que le ministre de l'intérieur enlevait au poète V. de Laprade une chaire à la faculté de Lyon, pour le punir de ses innocentes Muses d'État.
Innocente aussi fut la plaisanterie que Napoléon se permit lorsqu'on lui montra, à Saint-Cloud, le pamphlet intitulé Napoléon le Petit. « Voyez, Messieurs, dit-il en souriant, voici Napoléon le Petit par V. Hugo le Grand.» Le mot, colporté à Jersey par les journaux d'août 1852, fit bondir Hugo. Le rire, quand il s'adressait à cet homme « clément », le mettait absolument hors de ses gonds. Le 21 mai 1850, à la tribune de l'Assemblée nationale, furieux d'entendre rire ses contradicteurs et ne se contenant plus, il s'écriait : « Greffier, écrivez qu'on a ri (2). » Le mot et le sourire de l'empereur l'exaspérèrent, et de l'exaspération sortit ce fameux cri d'épileptique :
Ah ! tu finiras bien par hurler, misérable (3) !
Naturellement, et par concomitance, les hommes du gouvernement impérial furent traités avec les mêmes clémence et délicatesse : Baroche « dont le nom n'est qu'un vomitif», Baroche « pître », Troplong « paillasse, récureur d'égouts, pourri », Rouher « l'Auvergnat » (ce qui semble un très gros mot à l'auteur des Châtiments), Saint- Arnaud « qui vole... autrement que l'oiseau », Berger, d'Hautpoul, Murât, « citrouilles », Magnan