Carte d'Eu?-ope
2. Nous ne signalons même pas en courant les outrages que V. Hugo a entassés contre la Papauté en général, pas plus que les ignominies par lui déversées sur le sacerdoce et la royauté. Il y faudrait des volumes, ou plutôt il faudrait transcrire la plupart des volumes de Hugo septuagénaire. Les insultes contre les personnes montrent plus naïvement ce que les hugolâtres appellent la bonté de leur grand homme.
lui suggère ce beau trait, digne d'une belle âme :
Que l'or soit le seul culte et qu'en ce temps vénal, Coffre-fort étant dieu, Gousset soit cardinal (').
L'évêque d'Orléans, confrère de Hugo en Académie et son collègue au Sénat, reçoit aussi des aménités peu académiques, dans telle pièce où le poète se met en devoir d'enseigner le catéchisme à « l'abbé Dupanloup » et de prêcher « la vertu » aux prêtres (2), à ces « curés camus » qui, selon lui, chantent : « Dœmonem laudamus (3). » Le morceau où \ avertisseur insulte « Monsieur l'évêque d'Orléans » débute par ce bel axiome : <L Tout pardonner, c'est trop... » ; oui, certainement trop pour quelqu'un qui ne pardonna jamais et dont les « rancunes étaient terribles (4) ». L'évêque de Gand en sut quelque chose, si l'évêque de Gand lut jamais Y Année terrible et les grosses plaisanteries qui commencent par : « Je n'ai pas de palais épiscopal. » Et d'où viennent ces rugissements ? De ce qu'on a jeté des pierres (ou une pierre) contre les vitres de l'homme colosse réfugié à Bruxelles.
Paix à qui l'encense ! mais gare à qui casse ses vitres, à qui le touche en sa personne, en son génie, en ses livres, à qui ne respecte pas et n'admire pas tout cela « comme des brutes ! » En preuve, je choisis d'abord une des pages les plus platement méchantes, les plus bassement vindicatives, dont cet homme bon se soit passé la fantaisie. Ceux qui ont connu Mgr de Ségur, — et ceux qui l'ont connu, ce sont surtout les pauvres, les enfants, les délaissés, les malheureux qui
i. Châlim., Splendeurs, le Te Deum, Uliima verba, etc.