‹ Etudes et causeries littérairesChapitre 30 sur 140 · Quatre Vents, le Bout de l'oreille · texte numérisé non relu

Quatre Vents, le Bout de l'oreille

3. Année terrible, Juillet. La colère le prenait ainsi, quand les murs de la Roquette et de la rue Haxo étaient rouges encore du sang des prêtres et des Jésuites, fusillés par des bandits. Je souligne ce mot, parce qu'il est de V. Hugo lui-même, dans l'unique vers (douze syllabes)

Sans doute il déclame sans trêve, sans raison, non pas sans rimes, contre le prêtre (*), contre les « noirs Dominicains » (noirs, par antithèse à leur robe blanche), contre les Capucins, cette « lourde poterie paysanne (2)»> le Carme, ce « bouvier », et contre les Ursulines, — ne sachant ce qu'il veut dire et oubliant qu'il eut au moins une tante Ursuline. Mais enfin le Jésuite est le privilégié de sa fureur ; le Jésuite, Loyola, saint Ignace, hantent les trois quarts de ses élucubrations depuis 1850 ; il y a des insultes spéciales pour les PP. Roothaan et de Ravignan.

Hugo, s'il faut l'en croire, commença de haïr le Jésuite dès son printemps ; il se brouilla, dit-il, avec Frayssinous, parce que Frayssinous lui dit « du bien des Jésuites (3) ». Quel crime abominable ! Pour avoir dit du bien de son prochain, l'illustre orateur fut noté d'infamie et classé par Hugo fort au-dessous des fauves :

Corbière à la tribune et Frayssinous en chaire Sont fort inférieurs à la bête des bois (4).

Naturellement le Jésuite est bien plus bas encore ; pour le peindre, Hugo abuse de ses aptitudes à faire laid. Le

du gros recueil de Y Année terrible, où l'amnistieur a fait mention de ce crime (Mai).

1. V. Hugo a estimé et chanté un prêtre, un ! son précepteur, ce « digne prêtre », un nommé Larivière, constitutionnel, jureur, et marié ; il avait préféré la vie et le mariage à la guillotine et « avait mieux aimé donner sa main que sa tête. » Quel brave homme ! ( V. Hugo raconté t. I.)

2. Les Misérables. — V. Etudes sur V. Hugo, par L. Veuillot. — Rép. de M. E. Veuillot, page 288.

3. V. Hugo raconté par un témoin de sa vie. — Y. la réfutation de ce fait par M. E. Biré, p. 263, etc.

Page 1