‹ Etudes et causeries littérairesChapitre 32 sur 140 · L'âne, p · texte numérisé non relu

L'âne, p

que ces « blêmes oiseleurs», ces « noirs magiciens », — ils ne sont pas exclusivement jaunes, — enferment en € leur cage de fer » les aiglons pour en faire des « hiboux monstrueux ». Je ne transcrirai point, par pudeur, tout ce qui a passé par la fantaisie et par la plume de ce « bonhomme » ; je m'arrête à une strophe charmante :

Si nous les laissons faire on aura dans vingt ans,

Sous les cieux que Dieu dore, Une France aux yeux ronds, aux regards clignotants,

Qui haïra l'aurore (').

Ces menaces furent versifiées en janvier 1853 ; quelque vingt ans plus tard, quatre-vingts officiers, élèves des Jésuites, voyaient d'assez près l'ennemi, malgré leurs yeux ronds et clignotants, et mouraient pour la France, tandis que V. Hugo bénissait son canon et promenait son pacifique képi dans les rues de la capitale ; — mais ne calomnions pas son patriotisme ; en cela du moins il fut vrai, bien que toujours étrange.

Son képi me rappelle une autre de ses vengeances que tout le monde sait. Le 14 juin 1871, le général Trochu disait à l'Assemblée nationale qu'on avait exagéré l'importance de la garde nationale de Paris : « Vous avez vu le képi de M. V. Hugo qui symbolisait la situation. » Le général avait presque souri de cette fameuse « coiffure de drap bleu » ; le poète, furibond, décocha force calembours contre le « participe passé du verbe trop choir (2)... »

L'imagination vigoureuse du poète était servie par la plus tenace des mémoires. En 1848, Montalembert

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