‹ Etudes et causeries littérairesChapitre 34 sur 140 · Quatre Vents, t. I, p · texte numérisé non relu

Quatre Vents, t. I, p

l'âme, esprit «sournois, pédant, féroce », lequel « inspire Nisard, Veuillot, Planche et Nonotte (')»; c'est que tous — sauf Nonotte évidemment — ont osé crier : Midas a des oreilles d'âne !... Sur cette liste de pilori, M. D. Nisard a mérité le premier rang ; ce n'est que justice de poète offensé, mais justice de tortionnaire.

M. Nisard, un modéré, avoue cependant une « secrète préférence » pour « le plus jeune » des trois lyriques du dix-neuvième siècle. Il estime que Musset est, en tant qu'écrivain, sobre, raisonnable, ennemi de la thèse et de l'inventaire, de la grimace et de la raillerie qui déchire (2) ; il le dit ; et voilà autant de flèches qui s'en vont frapper obliquement le poète démesuré de la thèse, de l'inventaire, de la raillerie méchante « qui écorche et qui tue (3). » Les flèches retombent drues et lourdes sur ce critique osé et bénin, que le poète qualifie de « concierge » (« Nisard, ce concierge (4) ! ») puis de «gâte-sauce », en compagnie de Riancey « marmiton (5) ; » et en fin de compte, d'Aliboron en train de braire. Hugo l'a découvert dans cette posture humiliée parmi les caricatures dont son petit-fils Georges, un jour de belle humeur écolière, enlumina un Juvénal :

Un âne qui ressemble à M. Nisard, brait (6).

Ces petites vengeances — les lecteurs de bonne foi en conviendront — ne brillent guère par le choix des moyens. Les rancunes de cet homme bon (nous sommes

i. Qua/7'e Vents, t. I, p. 122.

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