‹ Etudes et causeries littérairesChapitre 37 sur 140 · V. Année terrible, Juillet · texte numérisé non relu

V. Année terrible, Juillet

puisse souffrir, c'est un blasphème contre JÉSUS- CHRIST, Hugo, vieillard de soixante-dix ans, rêve, auprès du berceau de ses petits-enfants, de jouer

...A. Veuillot le tour épouvantable, D'inviter Jésus-Christ et Voltaire à sa tableC1).

Voltaire est dépassé ; il fut pourtant très fort en injures, plus fort qu'en poésie; mais il ne traita pas même Jean-Jacques comme V. Hugo traita ceux qui ne l'adorèrent point ; et me souvenant du mot de Mme Denis touchant son bon oncle de Ferney, je puis conclure que le successeur de Voltaire au Panthéon, « le moins modeste des poètes (2), » ne. fut certes pas le premier des hommes par le cœur.

Ce qu'il y a de singulier, c'est qu'à chaque instant, je veux dire à chaque page, le tortionnaire reprend souffle, et déclame :

Je n'ai point de Colère, et cela vous étonne (3).

Non, Torqnemada, vous ne nous étonnez nullement ; nous savons que tout ce que vous faites et dites est fait et dit pour nous étonner ; ce qui serait étonnant, c'est que vous n'eussiez pas dit : Je n'ai point de colère Resterait à montrer, pour parachever l'esquisse ,de cette bonté au rebours, comme quoi ce cœur si tendre pour toute laideur immorale et immonde, fut brutalement impitoyable pour tout ce qu'il y a de plus pur dans l'humanité. V. Hugo se vante d'avoir réhabilité le vice, le libertinage, la pourriture ; et suivant un de ses adulateurs, Ch. Baudelaire, cynique auteur des

Page 1