‹ Etudes et causeries littérairesChapitre 39 sur 140 · U Art d'être grand-pcre · texte numérisé non relu

U Art d'être grand-pcre

cœur bien fait doit mépriser, ou plaindre ; et rien plus ; il a poursuivi de ses haines et des boues de son style à peu près tout ce qu'il y a d'estimable, d'aimable et même de divin. Est-ce bien là cette bonté que DIEU, comme parle Bossuet , mit d'abord au cœur de l'homme ?... La vraie bonté pardonne, se donne, endure, épargne, respecte ; les sentiments que V. Hugo a écrits tout au long dans ses derniers livres, ont d'autres noms dans la conscience humaine, et même dans le dictionnaire de l'Académie.

Mais les enfants !... V. Hugo a aimé les enfants , tout son cœur gît, et vit, et vibre là ; « ce volcan lance des fleurs » sur les têtes innocentes ; 1' « œuvre grandiose » du géant, du lion, du Vésuve Hugo, « est jonchée de figures enfantines, d'une grâce adorable (') ; » — adorable, vous entendez. Tous les adorateurs du dieu Hugo — le mot dieu est de Figaro, qui ne compte guère avec les mots — adorent tous les hémistiches où Hugo <L s'extasie devant l'enfance (2). » Résumons leurs extases en une ou deux lignes de P. de Saint- Victor, le plus brillant de ces extasiés :

L'enfant est une des créations de V. Hugo ; on peut dire qu'il 'a engendré à la vie de l'art. Avant lui, il n'y comptait pas. (P. de Saint- Victor, p. 291.)

S'il est encore, par le monde, des femmes sensibles qui estiment V. Hugo le poète idéal de l'enfance, et qui s'attendrissent sur chacune des syllabes bourdonnées par l'homme immense autour des berceaux, je les invite, par charité, à ne point lire les trois ou quatre pages que voici. Il y a, j'en conviens, des vers char-

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