‹ Etudes et causeries littérairesChapitre 43 sur 140 · VArt, etc., p · texte numérisé non relu

VArt, etc., p

Mais, chose plus grave, bon nombre de ces poèmes enfantins et tout ce gros volume, L'Art dêtre grandpère, sont barbouillés de blasphèmes et de malpropretés, bouffis de théories saugrenues, de déclamations sacrilèges et folles. L'auteur écrivait autrefois :

« Poètes n'oubliez jamais que par hasard les enfants

pourront vous lire ; ayez pitié des têtes blondes (*). » Cette pitié, cette pudeur, Hugo vieilli et en cheveux blancs ne les connaît plus. Ce sectaire acharné contre l'Église « du Dieu qui fut enfant » nie le péché originel, — ce que M. E. Dupuy trouve assez simple (v. p. 289) ; au lieu de mener

Les petits cœurs pensifs vers le grand Dieu profond (2),

il s'occupe uniquement à encenser, à diviniser ces frêles idoles ; il dit à sa petite-fille Jeanne :

Vous étiez la crèche qu'on encense,

L'humble marmot divin qui n'a point encor d'yeux, Et qu'une étoile vient chercher du haut des cieux (3).

Il nomme le berceau une « crèche », parce que pour lui l'enfant est dieu, est un « petit JÉSUS » ; tout enfant était, avant de naître, un ange du Paradis. Sans doute la langue chrétienne appelle heureusement le petit baptisé : frère des anges ; elle dit admirablement de l'enfant qui vient de mourir : retourné à Dieu, à Celui qui a fait cette vie, qui a créé, racheté, purifié cette âme. Mais Hugo, là encore, fait intervenir la métempsycose particulière à sa philosophie ; à chaque page, il répète que l'enfant

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