Année terrible, p
N'a presque pas de bras, ayant encor des ailes (') ;
que « les enfants du Paradis des anges encore ivres (2) » furent avant de vivre ici-bas « des lumières dans le ciel bleu (3). » Et il dit cela avec son intempérance habituelle, comme s'il y croyait. Pourquoi dormentils ? Pour revoir le ciel d'où ils arrivent. Pourquoi leurs pas sont-ils chancelants ? C'est qu' « ils trébuchent, encore ivres du Paradis! (4) » Pourquoi bégaient-ils? C'est qu'ils expriment « des brouillards de mots divins (s). »
Nous appelons cela bégaiement ; c'est l'abîme ( ). C'est la langue infinie, innocente et superbe (7)....
qui laisse tomber
Sur le gouffre ignoré le logos inconnu ; disant peu à la fois, car,
Dans ce que dit l'enfant le ciel profond s'émiette ( ) ;
et le poète rabaisse DIEU à son niveau, pour en faire « un bon vieux grand père émerveillé » des vagissements d'un bébé (9).
Hugo n'enseigne rien à ces « anges », sauf à bien haïr ; à quoi bon leur apprendre quelque vérité ou vertu ? N'est-il pas toute vertu ? n'a-t-il pas toute qualité,