e Légende, p
2. Je n'ai point fait mention plus haut du livre de M. Alfred Barbou : V. Hugo et son temps (Charpentier). Je répare cette omission. L'ouvrage de M. Barbou est un superbe volume, illustré par une quinzaine d'artistes et contenant « un très grand nombre de dessins de V. Hugo. » Il date de 1881, et j'ignore s'il a fait grand bruit dans le monde ; toujours est-il que
est à plaindre ; comme ces enfants porteurs de bannières et de fleurs, et beaucoup plus ces mères hugolâtres. M. Barbou n'a probablement jamais lu le poème que V. Hugo, à lage de dix-sept ans, écrivit en l'honneur d'une école chrétienne. Ce document a été recueilli par M. E. Biré ; et M. Barbou qui croit fermement aux légendes hugotiques, même à la « vieille noblesse » de Hugo, prouve, de ce chef, que pour lui le livre de M. E- Biré n'existe pas. Je signale, à M. Barbou, cette pièce fort louable, et partant d'un fort bon naturel.
En 1819, V. Hugo enfant chantait les petits « en classe », étudiant leur leçon sous « le sublime symbole de JÉSUS » disant : « Laissez les enfants approcher jusqu'à moi » ; le jeune poète leur faisait demander en leur prière
De longs jours pour le roi, de beaux jours pour la France (*).
O enfant sublime, vous étiez en ce temps-là vraiment le poète de l'enfance ; mais depuis, hélas ! vous avez eu votre « fêlure », à la tête et au cœur.
l'hugolàtrie s'y étale dans tout son luxe, avec tout son dévergondage. Le Victor Hugo de M. E. Dupuy n'atteint pas à la cheville du Victor Huqo de M. A. Barbou. Chez celui-là, le poète est à peine un demi-dieu, le dieu Glaucus révéré par M. Renan ; pour M. Barbou, si Hugo n'était pas mort, il serait Vimmortel tout court : « N'est-il pas — après tout — le grand-père de l'humanité ? » (p. 400). M. Barbou déborde. M. Barbou appartient à la religion de son immortel ; son gros livre respire l'anticléricalisme à outrance. Citons-en un trait, le plus petit de tous, mais ab uno dtsce omnia. Parlant des deux sortes de vins que l'on buvait à la table du poète — Madère et Saint-Émilion — M. Barbou, qui aurait besoin de majuscules hautes comme le Mont-Blanc pour tracer le nom de V. Hugo, écrit, par horreur du cléricalisme, avec d'infimes minuscules : saint -émilion (p. 451).