I. L'Art, etc., p
VICTOR IJUGO. 77
Oui, la chauve-souris du doute en mon esprit Ouvre hideusement sa livide membrane. (*)
Dans les Quatre Vents, il prend au poète-philosophe des tentations de négation universelle :
A de certains moments, voyant Satan debout, Nous nous exaspérons au point de nier tout. (2)
Notons pour la curiosité du fait qu'il croit du moins au diable, puisqu'il le voit debout. Qu'importe une contradiction de plus ? Chez Hugo les contradictions ne se comptent ni ne se pèsent. Il ne serait pas lui, s'il n'admettait à la fois, ou à la file, tout ce qui s'exclut ; par exemple,
7° \J optimisme et le pessimisme. Car Hugo est pessimiste comme La Rochefoucauld, plus peut-être ;
Toute action humaine est signée : égoïste,
dit-il par la bouche de l'Ane. D'autre part, il croit que tout est pour le mieux ; il estime, comme les modernes hégéliens, que le mal est le bien, ou une nuance inférieure du bien ; d'où il suit que
Le mal transfiguré, par degrés fait le bien ; (3)
et que
L'homme fait son progrès de ce qui fut son vice ; (4)
et que Hugo, avec ces réjouissantes maximes, compose des volumes tels que Fin de Satan et Pitié suprême, où <i l'Orestie du crime universel est interrogée,