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Feuilles d'automne

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bruit dans l'herbe, et les morts sont contents (') ». Mais la théorie des morts vivants s'accuse et s'accentue davantage chez Y Ane. Là on apprend

Que le trépassé voit et que l'enseveli Parfois à son linceul fait faire un vague pli, Afin d'apercevoir les hommes et s'adosse, Pour écouter, au mur ténébreux de la fosse ;

qu'il reste « palpitant, attendri », qu'il « suit tout des yeux et s'émeut », et que c'est une « chose sombre » que de « tuer les morts (2). »

Y a-t-il de tout cela quelque conséquence à déduire ? Sans doute ; savoir, que V. Hugo s'est élevé « à une haute conception du monde et de ses éternelles lois » ; et t ce qui s'en dégage, c'est toute une philosophie » (3) — à moins que ce ne soit tout autre chose. Aussi bien M. E. Dupuy nous prévient que pour s'initier à tant de merveilles abstruses, il faut « une faculté d'abstraction et une agilité de pensée »... prodigieuses. En effet.

Finissons. La plus transcendante philosophie de Hugo et la plus personnelle est : 130 Xillnminisme, ou, si vous voulez un nom plus concret, l'hugotisme, consistant d'abord dans une énergique et indéracinable confiance de Hugo en Hugo. Il est « son propre géant (4) » ; il « vole Dieu » ; il est le voyant de

l'inconnaissable » au dire de M. Leconte de Lisle ; il va de pair à compagnon avec Moïse, Ezéchiel, Isaïe ; il est «mage», comme il l'expose en une ode de 71 strophes {Contemplations). M. Brunetière estime que V. Hugo affecte « l'obscurité sibylline de la pensée » ;

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