‹ Etudes et causeries littérairesChapitre 6 sur 140 · V. H-ago. Calmann Lévy · texte numérisé non relu

V. H-ago. Calmann Lévy

l6 ÉTUDES ET CAUSERIES LITTÉRAIRES.

ose écrire que certains vers de Hugo « sont capables de convertir et de transformer, comme les coups de la grâce chrétienne » (p. 242). C'est de l'enthousiasme a outrance, exorbitant, extravagant, mais de bonne foi et traduit en style chaud par un artiste.

Artiste aussi, M. E. Montégut, moins bruyant, plus délicat, ou plus difficile ('). J'éprouve quelque scrupule à le ranger parmi les panégyristes ; il est juge et il blâme ; mais en fin de compte, il accepte les défauts de Hugo « avec résignation », et il se sent enclin à répéter le fameux hémistiche des Orientales : « Toujours lui, lui partout (2) ! » Au surplus, M. E. Montégut distribue les louanges à bon escient et ne les prodigue point. Ce qu'il prodigue outre mesure, c'est l'encre et le papier. Quel dommage qu'il soit si long ! et qu'il lui ait fallu vingt-cinq pages très serrées pour donner un crayon des Travailleurs de la mer ; trente autres non moins serrées pour apprécier ces fantaisies ordurières et ces « flocons de nuages déchirés » qui s'intitulent Chansons des mes et des bois !

Je signale en courant, ou en glissant, telle causerie agréable et légère où M. Ch. Monselet salue le « poète à immense envergure » et le romancier qui inventa le type de Gavroche (3) ; puis les pages laudatives de YAne et des Quatre Vents, écrites par M. Bérard- Varagnac, dans un gros in-octavo, maigre d'idées, d'une lecture fort pénible, et couronné par l'Académie *(4). Cinq lignes de la page 129 indiqueront, autant [qu'il en est de besoin, le but et la manière de M. Bérard-

Page 1