Ibid , t. II, p
ambition de poète, écrit M. E. Dupuy, c'est-à-dire de prophète, de voyant, de prêtre inspiré... » (page 201). Telle page de Hugo, suivant P. de Saint-Victor, est tracée «avec le charbon ardent qui brûla la bouche d'Isaïe » (page 245) ; et M. E. Faguet, tout sage qu'il soit, ne juge pas exorbitante la prétention de V. Hugo l'illuminé, affirmant que le poète est « un apôtre, un pasteur d'âmes » (p. 182). Il arrive, je le veux bien, qu'un poète de bon sens enserre plus de vérité en une demi-page d'alexandrins, que certain philosophe en un demi-volume, ou en un volume entier, fût-il in-folio. Mais cela ne suffit point pour qu'un faiseur de vers s'intitule : Voix de Dieu ; qu'il joue au pasteur d'âmes, et grave sur son front : Je i porte tout un DIEU (') », ou sur son enseigne :
Le poète est pasteur, juge, prophète, apôtre. (2)
Quand Hugo prend ces poses, il atteint et dépasse l'idéal du ridicule : « C'est, dit M. de Pontmartin, commentant un mot de L. Veuillot, c'est Jocrisse à Pathmos, Bobèche au Sinaï, Calchas à Asnières ».
Au demeurant, les apocalypses de Hugo sont très claires par le but où elles tendent. Le poète des Quatre Vetits s'en prend uniquement à l'Église catholique, à ses dogmes, à son culte, à ses prêtres. Plus de temple, ni d'autel, ni de credo, ni de pontife; sauf, si on l'admet, Lui, comme révélateur, prêtre, infaillible. Les citations seraient superflues et odieuses ; je me borne à celle-ci : DlEU, dit-il, lui « a fait signe », à lui Hugo, que « le prêtre n'est pas le prêtre (3) » ; sur quoi Hugo crie, à