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III. — LES PRINCIPES LITTERAIRES DE VICTOR HUGO

V. Hugo, le poète immortel dont le génie doit illustrer à jamais la France et le dix-neuvième siècle.

(M. Leconte de Lisle, Discours de réception à P Académie française.)

MONSIEUR Stapfer rencontre le nom de Boileau, par je ne sais quel hasard ; et il l'accole au nom de Hugo, pour je ne sais quel paradoxe : « Boileau, Victor Hugo, dit-il, il y a plus d'analogie qu'on ne pense entre ces deux esprits. » (P. 14.)

En effet, on n'y pense guère ; et personne avant M. Stapfer ne s'était avisé de cette analogie. M. Stapfer a écrit en bon style un livre ingénieux où il tâche de rapprocher Racine et V. Hugo ; il n'y a point réussi ; je me trompe, il a parfaitement montré, sans le vouloir, que le poète d'Aihalie et l'Eschyle des Burgraves se touchent comme les extrêmes. Quant à Boileau, maître, admirateur, ami, consolateur de Racine, il semblait impossible de lui trouver quelque linéament de ressemblance avec V. Hugo ; mais l'impossible n'effraie point M. Stapfer ; lequel nous apprend, en témoin bien renseigné, que, de tous nos classiques, Boileau est le seul pour qui Hugo « ne s'est pas montré froid. »

L'auteur de Racine et V. Hugo aurait pu ajouter que Hugo, tout jeune, naïf encore, appelait Boileau € un génie créateur » ; oui, en toutes lettres, génie et créa-

tzur ('). Mais enfin, partout ailleurs, Boileau est pour Hugo un « ci-devant », un type d'étroitesse et de misère poétique :

Boileau grinça des dents ; je lui dis : Ci-devant^ Silence ! (2)

Plus Victor Hugo devient Lui l plus il méprise Boileau et l'exècre. Qu'il ait loué Despréaux (on disait Nicolas en 1830), dans le tête-à-tête de la causerie et d'un déjeuner, je ne le conteste point ; je suis même surpris qu'il ne l'ait pas réJiabilitc à grand fracas, pour faire pièce à l'opinion et à lui-même ; il eût été plus fidèle à son but, qui était d'étonner le genre humain, ou, comme s'exprime Th. Gautier, « d'éblouir la bourgeoisie stupéfiée (3). »

Mais entre ces « deux esprits » je cherche vainement l'analogie ; et je perdrais mon temps à ce vieil exercice du temps de Batteux, qu'on nommait un parallèle.

Boileau eût pleuré de vraies larmes à Hértiani; il eût fait une maladie après les Burgraves ; il eût criblé de satires les dernières productions de l'homme immense, impie et fou ; Boileau enfin eût ri pendant six mois devant des centaines de vers taillés sur le patron de ceux-ci : Le front des soldats

Saigna sous le schako, le casque et le colbach,

Que Lassalle à Wagram, Duroc à Reichenbach, etc..

{Châtiments.)

Boileau ressemble, au moins vaguement, à nos grands

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