Racine et V. Hn^o
V. Hugo a-t-il, ainsi que le chante M. Emmanuel des Essarts, dans une Revue dont j'ai oublié le nom et qui a oublié de vivre, « réalisé pendant sa vie (sic) la suprême et la plus complète incarnation du génie poétique ? » Oui, s'exclament les vassaux et séides : « Incomparable puissance ! crie Paul de Saint- Victor ; la grandeur de l'invention et du style ne saurait aller au-delà (') ! » Et M. E. Dupuy reprend, par manière d'antistrophe : C'est « la seule gloire littéraire qui ait véritablement remué notre peuple (2). » Et tous de poursuivre en chœur : V. Hugo est le Saùl qui dépasse de toute la tête, de toutes les épaules, de toute la taille, l'armée, ou la plèbe des génies. N'est-il pas
Celui dont les deux noms commencent (ô mystère !) Victor comme Virgile et Hugo comme Homère? (^
S'il ne fut pas tout à fait le « grand-père du genre humain », comme le pense M. A. Barbou, il est le « père de la littérature », comme le nomme M. Emile Augier. En quoi M. Emile Augier raisonne assez juste, si par littérature il entend ce qui s'est écrit et produit chez nous de 1830 à 1880. Je dis depuis 1830 ; car les pères de la littérature française, et de l'enfant sublime, furent, en 1802 Chateaubriand ; en 1820 Lamartine. Si, pour être le plus grand poète, il suffit d'avoir la plus nombreuse lignée, V. Hugo, après Ronsard, fut celui-là.
A la fin du seizième siècle, tout le monde ronsardisa, même le « grammairien en lunettes et à cheveux gris » Malherbe (4) ; et qui éonc, depuis 1830, n'a point