‹ Etudes et causeries littérairesChapitre 67 sur 140 · Balzac, Socrate chrestien. Discours X · texte numérisé non relu

Balzac, Socrate chrestien. Discours X

liugotisé? Les deux Alfred, Vigny et Musset, se sont affranchis, dit-on, de cette tutelle, et n'ont imité personne, pas même Hugo. Je sais que l'auteur de Moïse et d'Eloa disait, en 1829 : Je me mis « en marche bien jeune, mais le premier » ; l'auteur de la Ballade à la Lune aurait-il pu en dire autant ? Et le poète de Jocelyn n'a-t-il pas fini par enfourcher le Pégase aux grelots sonores de son cadet ? Le bon Ronsard écrivait à ses satellites de la Pléiade, avec cette modestie particulière qui sied aux nourrissons des Muses :

Vous estes mes sujets et je suis vostre Roy !

N'était le mot de « roy», qui eût effarouché nombre de ses tenants, V. Hugo pouvait s'approprier cette vieille antithèse ; et les critiques de 1900, lorsqu'ils traitent des contemporains, ont le droit de lui appliquer les deux lignes que feu Lamotte-Houdart écrivait fort pertinemment de Corneille : « C'est à lui que nous devons ceux qui l'imitent, ceux qui l'égalent, ceux mêmes qui le surpasseroient ('). » Faut-il que nous lui en soyons reconnaissants ? Là n'est point la question. Je me tiens à ceci, que son action s'étendit au loin et que son empreinte reste. A l'heure qu'il est, tout ce qui se rime, s'imprime et se colporte pour la consommation littéraire, garde le timbré de sa fabrique. L'œuvre de M. Leconte de Lisle, par exemple, procède en droite ligne de l'une et l'autre Légende des siècles ; et naguère un critique passablement osé définissait les poèmes de M. Coppée : « Petites variations pour flûte et flageolet sur les thèmes du Maître (2).)>

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