‹ Etudes et causeries littérairesChapitre 68 sur 140 · A propos d'une scène de Mithridale · texte numérisé non relu

A propos d'une scène de Mithridale

2. M. G. L. Le Vavasseur, je Bulletin historique et archéologique de l'Orne, 1887.

Et n'est-ce pas aux us et coutumes du Maître que M. de Banville emprunte cette théorie dont les jeunes se font un dogme : « La Rime... est tout le vers » et elle € suffit » à tout ; la poésie est une floraison de rimes dans un Sahara d'idées ? Malgré leurs protestations en style cabalistique, les Décadents et les Naturalistes dérivent de cette même source, que dis-je ! de ce même torrent. Paul Verlaine et consorts se sont initiés chez Hugo à la magie très noire de leurs couleurs et de leurs sons, du brouillard et de la nuit. Les répugnantes peintures à la Zola sont des grossissements de telle ou telle page des Misérables et de la Cour des Miracles. Un jour, le pauvre Guy de Maupassant (un de ceux qui ont le plus sali le papier en notre siècle) affirmait ses principes sur le 4 sale, affaire de nature, sur le laid, opinion changeante, et sur Vignoble, qui attire tant d'êtres (') ; » traduction violente mais juste des visées de Hugo qui « dit à l'ombre : Sois ! et l'ombre fut », qui exprima « les choses dans un style énorme et rugissant » et qui criait aux mots : « Soyez république (2) ! »

Je m'attarde. La grandeur d'un homme ne s'est jamais mesurée à l'empire qu'il exerça ; surtout si cet empire ne fut pas toujours selon la raison et pour le plus grand bien de la république des lettres. Or, je cite un des juges les plus sévères, mais des plus consciencieux, « Hugo aura été, parmi les grands poètes, l'un des maîtres les plus dangereux qu'il y ait eus. Unique dans notre langue, et extraordinaire, violent et exagéré, il aura troublé pour des siècles la limpidité de

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