Odeurs, p
usait aussi ('). Il jetait ses vers jadis sur des revers de lettres, sur du papier d'emballage ; puis enfin sur un grand et solide cahier qu'il destinait à la Bibliothèque nationale et à nos arrière-neveux. On peut s'informer de ces cose di niente chez M. A. Barbou ; V. Hugo conte lui-même comment l'inspiration s'abattait sur son « crâne géant (2) », comment « l'idée implacable » posait son « doigt de braise sur sa tempe », au beau milieu de la nuit, même quand il « ronflait comme un bœuf (3) » ; bien différent en cela du janséniste Nicole, qui composait pour se faire dormir.
La première idée qui saisit Hugo est d'ordinaire, ou toujours, une antithèse. Du même coup d'ceil il voit et oppose une très haute et très noble chose et une autre extrêmement petite ou laide ; puis son poème, récit, ode, drame, satire, est fait. Soit la Rose de V Infante ; sur un bassin de jardin, une rose s'effeuille ; là-bas Y invincible Armada se disperse au vent et aux vagues de l'océan. Dans certaine pièce d'un goût plus que douteux sur Dieu créateur de contrastes, mettant i ici le nain, là le géant », « ici la Sibérie et là le Sénégal », le poète oublie qu'entre le nain et le géant il y a l'homme, qu'entre la Sibérie et le Sénégal il y a la France ; et il se prend à dire que sa manière à liai est celle de DlEU, qui oppose ceci à cela :
Et partout l'antithèse : il faut qu'on s'y résigne !
S'il fait noir le corbeau, c'est qu'il fait blanc le cygne (4).
Et ailleurs :