‹ Etudes et causeries littérairesChapitre 75 sur 140 · Quatre Vents, II, p · texte numérisé non relu

Quatre Vents, II, p

VICTOR HUGO. IOI

Tout en parlant, devint démesuré.

Sa chevelure était une forêt ; des ondes, Fleuves, lacs, ruisselaient de ses hanches profondes ; Ses deux cornes semblaient le Caucase et l'Atlas ; Les foudres l'entouraient avec de sourds éclats ; Sur ses flancs palpitaient des bois et des campagnes, Et ses difformités s'étaient faites montagnes... Et des peuples errants demandaient leur chemin, Perdus aux carrefours des cinq doigts de sa main.

Bref, selon sa propre formule, V. Hugo dresse l'idéal Pélion sur Ossa indéfini (*) ; puis, dans ses heures de loisir titanesque, ou de chevauchées apocalyptiques sur l'hippogriffe, il va donner du front contre les promontoires du firmament et se cogne au « plafond des astres (2) ; d'où il redescend et s'en va compter

Les cercles que peut faire un Satan ennuyé En crachant dans les puits de l'abîme...

(IIe Légende : La Comète.)

Tout cela est hardi, grandiose ; tout cela serait grand s'il y avait équilibre, règle et ordre ; tout cela serait splendide, s'il n'était disparate. Mais le génie de V. Hugo est « lave » et « tempête » ; on n'endigue pas les vomissements d'un volcan, pas plus qu'on ne proportionne les coups d'aile des ouragans. Ainsi raisonne M. Leconte de Lisle ; raisonnement fort juste, et démonstration nette de ce fait qu'un génie de tempête et de lave est un fléau ; rien de plus.

Cette tendance vers l'énorme, jointe au vouloir énergique de toujours étonner et éblouir, porte le poète (toujours ? non, mais maintes fois) à ne plus voir les choses qu'avec miscroscope ou télescope, et à ne rien

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