Les Rayons et les Ombres
l'heure grave, « une goutte de siècle qui tombe (x) ». Toute la nature se personnifie. Mai est un joyeux athlète qui a fait ses preuves aux batailles printanières de Nrce :
Mai, poussant des cris railleurs, Crible l'hiver en déroute D'une mitraille de fleurs.
(Chatisors.)
Les mois d'hiver sont des bêtes fauves :
Novembre, dans la brume errant de roche en roche, Répond au hurlement de janvier qui s'approche.
(7re Légende : Eviradnus.)
Hugo sème les perles et les roses à mains pleines, et si nous avions le temps et l'espace, nous en ferions des colliers et des guirlandes. Mais tout à côté de ces richesses qui brillent sans effort, combien de figures grotesques ! Toute idée, je le répète, lui vient avec une avalanche d'images : le poète les cueille sans choisir, et alors... écoutez : Le papillon est un ivrogne qui va boire au cabaret des fleurs (Quatre Vents) ; les volcans sont des puits et Hugo leur adresse des monologues comme celui-ci :
Où donc est la poulie, et la corde et le seau, Qui pendent dans ton puits, ô noir Chimborazo ?
(Annt'e terrible.)
Le volcan Etna est une cheminée, dont « le grillon » s'appelle Moschus (Contemplations) ; le rejet dans un vers est une queue de chat qui dépasse sous une porte de concierge ; le lézard est un « candidat crocodile » (Quatre Vents) ; Satan, € le braconnier de la forêt de